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Veolia redouble d’efforts dans sa guerre contre les « polluants éternels » / Le pionnier du traitement des déchets dangereux compte bien rester à la pointe de l’innovation
L’enjeu est sanitaire, environnemental, industriel. Et Veolia entend bien continuer à montrer la voie en tant que pionnier du traitement des déchets dangereux. Face à cette menace persistante, et notamment des PFAS - ces "polluants éternels" issus des activités industrielles - le géant français de la transformation écologique vient de franchir une nouvelle étape décisive, avec le déploiement à grande échelle de sa technologie brevetée Drop®.
Une technologie capable d’éliminer jusqu’à 99,9999 % de ces substances parmi les plus difficiles à détruire. A noter que Veolia est déjà le premier détenteur et le déposant du plus grand nombre de brevets au monde en matière de traitement des déchets dangereux.
Un marché en pleine ébullition
Il faut dire aussi que cette initiative répond à des dynamiques de fond. Le marché mondial des déchets dangereux, dopé par la montée des contraintes environnementales et la relocalisation industrielle, devrait croître de 3,5 % par an jusqu’en 2030, estime Veolia. Et face à des infrastructures souvent saturées, la demande explose pour des solutions avancées et fiables. "Le traitement des déchets dangereux devient un enjeu stratégique pour de nombreuses industries, en particulier celles qui sont en pleine transformation ou qui relocalisent leur production. C’est également un sujet essentiel pour la santé humaine et la sécurité environnementale ", a expliqué Estelle Brachlianoff, directrice générale de Veolia depuis le site de Courrières dans le Nord de la France, ce mercredi, ancien site de mine à charbon transformé en hub de technologies vertes par Veolia.
Une technologie en route vers 20 incinérateurs en Europe
Fruit de plusieurs années de recherche, Drop® repose sur un traitement thermique à plus de 900 °C, renforcé par un catalyseur qui accélère la dégradation des PFAS jusqu’à leur minéralisation complète. Et les résultats sont spectaculaires : qu’il s’agisse de PFAS polymériques ou non-polymériques (comme le PFOA, le PFOS ou le PFHxS), les essais menés depuis 2022, et sur la base des normes d’échantillonnage validées par l’Environmental Protection Agency (EPA) américaine, permettant d’analyser des PFAS semi-volatils et volatils dans l’air à la sortie des cheminées, ont pu démontrer la performance de destruction de PFAS cibles en incinération dédiée de déchets dangereux.
La technologie Drop® est en cours d’implantation sur les 20 lignes d’incinération dédiées aux déchets dangereux que Veolia opère en Europe, dans des pays comme la France, l’Allemagne, la Pologne, le Royaume-Uni ou encore la Suisse, positionnant ainsi le groupe comme le premier acteur capable d’offrir un traitement à grande échelle des PFAS via l’incinération contrôlée. L’innovation ne s’arrête cependant pas là : Drop® permet aussi de réduire la corrosion et l’encrassement des chaudières, augmentant la fiabilité des installations industrielles. Une brique essentielle de l’offre BeyondPFAS, lancée par le groupe en 2024 pour proposer des solutions intégrées face à ces nouveaux polluants.
300 millions d’euros d’acquisition au premier semestre
Mais Veolia ne se contente pas d’innover : il muscle aussi son outil industriel. D’ici 2030, le groupe prévoit d’augmenter de 530 000 tonnes sa capacité annuelle de traitement de déchets dangereux — soit une hausse significative par rapport à sa capacité actuelle de 8,7 millions de tonnes (dont 6 millions en Europe).
Cette expansion se fera en deux temps : 285 000 tonnes de nouvelles capacités d’ici 2027 via des constructions d’unités dans des zones à forte tension environnementale (États-Unis, Moyen-Orient, Asie…), puis 430 000 tonnes d’ici 2030. S’ajoutent à cela 100 000 tonnes déjà mises en service. Une ambition rendue possible grâce à une série de cinq acquisitions ciblées, signées au premier semestre 2025 pour un montant total de 300 millions d’euros, à savoir notamment, aux États-Unis, l’acquisition de New England Disposal Technologies et de l’unique site de traitement des déchets médicaux du Massachusetts, ainsi que d’Ingenium en Californie, au Japon, le rachat de Zeeklite Co. LTD, exploitant l’une des plus grandes installations de stockage de déchets dangereux, ou encore au Brésil, l’acquisition d’Alagoas Ambiental, un site stratégique pour les déchets industriels dans le Nordeste. "En renforçant notre présence à travers des investissements organiques et des acquisitions, nous positionnons Veolia pour rester à la pointe de l’innovation. Notre présence mondiale, la combinaison de nos expertises, nos technologies innovantes et notre capacité à nous adapter rapidement nous permettent de fournir des services sur mesure à forte valeur ajoutée, tout en accélérant la mise sur le marché de solutions innovantes de traitement des déchets ", a assuré la directrice générale dont les objectifs financiers d’ici 2030 sont clairs : + 50 % de croissance du chiffre d’affaires du groupe lié aux déchets dangereux, dont environ un milliard d’euros dans le traitement des PFAS (déjà 205 millions d’euros enregistrés l’année dernière) et des nouveaux polluants dans l’ensemble de ses activités, + 10 % d’EBITDA, + 50 % de retour sur capital employé (ROCE), et un objectif de traitement de 9 millions de tonnes de polluants par an.
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