Levées de fonds / expliseat / Levée de fonds / crédit mutuel innovation / deeptech / Supernova Invest / amaury barberot
Levées de fonds
expliseat / Levée de fonds / crédit mutuel innovation / deeptech / Supernova Invest / amaury barberot
Expliseat lève 36 millions d’euros pour passer (encore) à l’échelle supérieure / Une technologie de rupture installée et une capacité d'exécution avérée qui confortent ses perspectives
Un tour de table sur mesure. Expliseat, PME pionnière de la conception et de la fabrication de sièges de transports ultralégers issus d’un alliage de titane et composite, annonce ce matin une levée de fonds de 36 millions d’euros. Soit la plus grande augmentation de capital de son histoire. Une opération menée par Crédit Mutuel Innovation et le fonds Sociétés de Projets Industriels (SPI), géré pour le compte de l’État par Bpifrance dans le cadre de France 2030 (ayant déjà contribué à la dernière levée de fonds de l’entreprise de 17 millions d’euros en 2023), avec la participation de Supernova Invest et Swen Capital. BNP Paribas Développement, GO Capital et NCI, ont aussi renouvelé leur confiance. "Il était important pour nous d’avoir cette répartition, équitable en montants, entre nos investisseurs historiques et de nouveaux d’entre eux. Cela nous a permis d’aller chercher des thématiques et des expertises qui font sens dans la croissance et les ambitions d’Expliseat", explique Amaury Barberot, président-directeur général d’Expliseat, à l’occasion d’un entretien accordé à WanSquare.
Parmi eux, notamment : le fonds SPI, spécialiste des entreprises industrielles, alors même qu’Expliseat a inauguré il y a huit mois son premier et propre site d’assemblage dans la région d’Angers, Supernova Invest, fin connaisseur de l’investissement dans les sociétés créatrices de technologies de rupture (deeptech) ou bien Swen Capital, axé sur l’impact et donc aligné avec la mission de l’entreprise visant à décarboner l’industrie des transports. Enfin, Crédit Mutuel Innovation est un fonds thématique général de croissance. "Nous sommes une start-up qui est devenue, il y a deux ans, une PME. L’objectif est désormais de devenir une ETI et d’entrer dans le système "growth". L’expertise de Crédit Mutuel Innovation nous permettra d’accompagner cette croissance générale", indique Amaury Barberot.
De fait, l’entreprise et sa technologie permettant d’alléger un avion de l’équivalent de la masse de voiture à chaque trajet, peuvent compter sur plusieurs acquis pour s’assurer de cette trajectoire. "Quand on observe le marché de la décarbonation de l’aviation, Expliseat est la seule solution à combiner le double avantage d’une valeur faciale immédiate et d’une valeur stratégique long terme. La première est indispensable et inclut l’image de la marque d’une compagnie aérienne, où l’intérieur d’un avion est un élément clé pour se distinguer de la concurrence : ceci est directement visible et donc valorisé par les clients", nous fait observer Maxence Valero, responsable du pôle Deeptech de Crédit Mutuel Innovation. En clair, résume-t-il, une proposition de valeur concrète corrélée à un marché existant et en demande, eu égard aux objectifs de décarbonation des clients d’Expliseat, où émergent pourtant peu d’innovations. De quoi y bousculer l’ordre établi grâce à un produit pouvant réduire les émissions de CO2 par passager jusqu’à 6 %.
Prêt pour la suite
D’autant, nous indique David Hansen, partner chez Supernova Invest, qu’Expliseat a réussi à développer et industrialiser une technologie de rupture au retour sur investissement imparable. "Ce sont les premiers à réussir cet assemblage optimal de matériaux afin d’aboutir à un produit qui respecte toutes les exigences de sécurité draconiennes du secteur de l’aviation, s’inscrit dans un processus industriel éprouvé et à l’échelle, le tout à un coût de production acceptable pour le marché. Les gains de poids générés par l’utilisation de ces sièges et les économies en carburant qui en découlent compensent largement leur coût à l’achat. D’autres s’y sont essayés, mais ne sont pas parvenus à créer un produit aussi compétitif", observe-t-il. En témoigne effectivement la force commerciale de l’entreprise, s’appuyant sur un carnet de commandes de 50 millions d’euros et de la confiance de grands comptes, à l’instar d’Air France, d’Air Canada, ou Jazeera Airways. Ses produits figurent aussi dans les catalogues d’Airbus, Dassault Aviation et Comac, tandis qu’un autre avionneur devrait s’y ajouter prochainement.
"Expliseat est prêt à assumer son ramp up industriel et commercial, en adressant de nouveaux personae clients et de nouveaux marchés sous-jacents plus larges", souligne Maxence Valero. Ce à quoi serviront justement ces fonds levés, au travers de plusieurs objectifs. Le premier : mettre plus sérieusement le cap sur le marché américain (États-Unis, Canada, Mexique). L’entreprise, qui a été fondée en 2011, réalise déjà plus de 90 % de son chiffre d’affaires à l’export, car opérant sur un marché structurellement mondialisé. "Mais nous voulons aller plus vite et plus loin dans cette région : elle compte le plus grand nombre d’avions au monde. Le Canada représente par exemple le premier pays sur le plan de sièges Expliseat en vol", explique Amaury Barberot. Un pôle commercial à Montréal a été ouvert, tandis qu’un réseau mondial de maintenance permettra d’assurer à ses partenaires un service de proximité.
Vient ensuite la dynamique industrielle. Expliseat a repris il y a deux ans une usine existante, donc officiellement ouverte il y a huit mois, afin d’internaliser son assemblage. Une manière de gagner en crédibilité auprès des clients, remarque le dirigeant de la société : "Ils avaient besoin de voir une assise industrielle pour s’engager sur de grosses commandes". Son usine a désormais une capacité de production annuelle de 32 000 sièges et sera donc en mesure d’accompagner sa croissance et l’arrivée de nouveaux clients. Ils sont à date une vingtaine et ont été triplés en deux ans. Expliseat prévoit de renforcer davantage les capacités de son site, ou encore d’optimiser sa chaîne d’approvisionnement. Quelque 10 000 sièges seront en tout cas livrés dès cette année.
Chose promise, chose due
Enfin, l’élargissement de la gamme de produits et la poursuite de la diversification. Expliseat a engagé un processus de R&D lui ayant permis de développer un produit, désormais prêt à être commercialisé, à destination du secteur ferroviaire. Une technologie ne répondant pas aux mêmes champs de contraintes de tests de sécurité que dans l’aéronautique, et ayant aussi nécessité un ajustement sur le choix des matériaux à utiliser. "L’industrie du ferroviaire permet de réaliser de plus grands volumes, mais les prix d’achat sont plus faibles. Les économies de carburant ont aussi moins d’impact dans le secteur. Nos sièges leurs permettront effectivement de réaliser de gains sur ce plan, mais vont surtout libérer de la masse utile, que les opérateurs pourront utiliser à d’autres escients (plus de confort, plus de passagers, plus d’électronique embarquée)", observe le dirigeant d’Expliseat.
Autant de projets reposant sur les avancées industrielles et d’innovation de l’entreprise, qui avaient été promises lors de sa dernière opération de financement, délivrées en temps et en heure. Une capacité à exécuter ayant permis à la société de convaincre ses investisseurs, au coeur d’une actualité pourtant pas nécessairement porteuse de bonnes nouvelles pour les entreprises industrielles innovantes. "Nous avons été frugaux et dépensé les fonds levés lors de notre dernier tour de table avec méthode. Cela permet aux investisseurs d’être aujourd’hui prêts à nous confier plus de capitaux", souligne Amaury Barberot.
Cette intelligence des dépenses et cette exécution réfléchie ont sans doute effectivement été un point fort dans sa trajectoire, remarque David Hansen : "Expliseat est une entreprise déjà mature, elle a l’expérience de ce qui fonctionne et ne fonctionne pas. Elle a franchi l’étape d’investir dans son outil industriel après avoir fait beaucoup d’itérations sur son produit, rendues possibles par l’assemblage réalisé par ses partenaires. A mon sens, la société n’a pas été lestée trop rapidement par des coûts fixes importants liés à son propre site d’assemblage, alors que son produit lui-même n’était pas encore pleinement finalisé. Cela lui a donné l’agilité d’être concentrée sur les attentes de ses clients et de pouvoir faire face à certaines difficultés, notamment lors de la crise sanitaire, quand l’industrie aéronautique était à l’arrêt", remarque-t-il. "L’industrie, c’est le temps long. Les financeurs souhaitent que les entrepreneurs le sachent, mais qu’ils parviennent tout de même à le compresser. Nos investisseurs reconnaissent que ce que nous avons réalisé en termes d’exécution, sur les deux dernières années, est assez exceptionnel. C’est cet historique qui a finalement convaincu. Nous n’avons pas levé des fonds sur des promesses, mais sur les preuves que nous avons déjà données", observe Amaury Barberot. Comme quoi, dire ce que l’on fait et faire ce que l’on dit porte toujours ses fruits.
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