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Air France - KLM
Passation de pouvoir actée chez Air France-KLM / Anne-Marie Couderc a passé le témoin à Florence Parly
"Je suis émue et fière du chemin parcouru ensemble depuis 2018. Fière d’avoir accompagné un groupe qui, même dans les moments les plus tourmentés – je pense bien sûr à la crise sanitaire – a su rester debout, uni, résilient et déterminé à construire son avenir." Au moment de passer la main à Florence Parly, choisie pour lui succéder à la présidence non exécutive d’Air France-KLM, Anne-Marie Couderc, arrivée au terme de son mandat entamé en 2018, a salué le chemin parcouru avec une émotion contenue, laissant transparaître le sentiment du devoir accompli.
Sa nomination il y a sept ans à la présidence du conseil d’administration était intervenue dans un contexte particulièrement mouvementé, à la suite de la démission de Jean-Marc Janaillac, contraint de quitter ses fonctions après le rejet d’un accord salarial par les salariés. Quelques mois plus tard, Benjamin (Ben) Smith, alors numéro deux d’Air Canada, était nommé directeur général d’Air France-KLM, dans une gouvernance repensée dissociant pour la première fois les fonctions de président du conseil et de directeur général.
"Je suis également fière de l’équipe managériale en place, et des 78 000 collaborateurs du groupe. Fière enfin du leadership de Benjamin Smith, qui a su redonner à Air France-KLM sa place de champion européen", a-t-elle ainsi poursuivi.
S’agissant de sa successeure, Florence Parly, son arrivée au conseil d’administration en décembre 2023 en tant qu’administratrice indépendante présageait déjà sa future nomination. Il était en effet entendu dès cette date qu’elle succéderait à Anne-Marie Couderc à la présidence non exécutive du conseil, la désignation officielle étant intervenue fin avril pour prendre effet à l’issue de l’assemblée générale du mercredi 4 juin.
Dans le nouveau tandem qu’elle forme avec Benjamin Smith, Florence Parly apporte une connaissance fine du secteur aérien et du groupe Air France-KLM, où elle a occupé plusieurs fonctions de direction entre 2006 et 2014, notamment dans le cargo et le court-courrier. Elle a ensuite poursuivi son parcours dans l’univers de la mobilité à la SNCF, avant que sa trajectoire ne prenne une nouvelle dimension avec sa nomination au ministère des Armées en 2017, fonction qu’elle a occupée jusqu’en 2022.
Un nouveau modèle pour sécuriser l’avenir à Orly
L’assemblée générale a aussi été l’occasion pour Benjamin Smith de défendre le choix fait par Air France de quitter l’aéroport de Paris-Orly en 2026, à l’exception des vols vers la Corse qui seront maintenus dans le cadre d’une délégation de service public. Toutes les autres liaisons domestiques et vers l’Outre-mer (Toulouse, Marseille, Nice, Pointe-à-Pitre, Fort-de-France, Saint-Denis de La Réunion) seront soit supprimées, soit transférées à Transavia, la filiale à bas coûts du groupe.
Le directeur général a rappelé que les opérations d’Air France à Orly n’étaient plus rentables "de façon significative", et que le groupe avait exploré plusieurs scénarios : "Soit on continue à perdre de l'argent. On sort. Ou on trouve un nouveau modèle." C’est cette dernière option qui a été retenue, en s’appuyant notamment sur Transavia, déjà bien implantée sur la plateforme.
"Ce n’est pas facile, on est toujours dans une phase de transition", a-t-il reconnu, soulignant les efforts menés en concertation avec les partenaires sociaux. Face à la prédominance des compagnies low-cost à Orly, "la meilleure manière de retourner la performance financière", a-t-il estimé, est de réorganiser l’offre du groupe tout en maintenant une présence sur la plateforme et sans abandonner les créneaux horaires.
Anne Rigail, directrice générale d’Air France, a complété cette prise de position en revenant sur l’évolution structurelle de la demande sur le domestique. Elle a rappelé que l’activité point-à-point en France était déficitaire depuis de nombreuses années et que la crise du Covid avait accéléré le mouvement : "Nous étions à moins 40 % de demande à l’automne 2022. Aujourd’hui, nous sommes à moins 50 % au global."
Même des produits phares comme la Navette, lancée en 1996 et longtemps considérée comme un pilier du réseau intérieur, ne parviennent plus à retrouver l’équilibre économique. "Malgré tous les plans d’action, même la Navette n’arrive plus à être rentable", a-t-elle regretté.
La direction assume donc une restructuration qualifiée de "nécessaire pour notre trajectoire financière", tout en soulignant que le groupe n’abandonne pas pour autant le marché domestique. Des liaisons intérieures continueront d’être opérées au départ de Roissy, avec des fréquences importantes à partir de 2026. L’arrivée du CDG Express en 2027, qui reliera la Gare de l'Est à Charles de Gaulle en 20 minutes, pourrait contribuer à fluidifier les correspondances, tandis que Transavia restera en première ligne pour répondre à la concurrence des compagnies à bas coûts.
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