WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Entreprises / Actions / GBL / Johannes Huth / Ian Gallienne

Entreprises / Actions
GBL / Johannes Huth / Ian Gallienne

Johannes Huth officiellement aux commandes de GBL / Le recentrage sur l’investissement privé doit s’intensifier

Le jeu de chaises musicales à la tête de GBL, officialisé vendredi lors de l’assemblée générale, marque un tournant stratégique pour le plus grand holding coté de Belgique. Sous l’impulsion de Johannes Huth, ex-KKR, le groupe entend accélérer son virage vers le non coté, dans un contexte de recentrage assumé de son portefeuille.
Ian Gallienne, le nouveau président de GBL, et Johannes Huth, le nouveau CEO
Ian Gallienne, le nouveau président de GBL, et Johannes Huth, le nouveau CEO

Un passage de témoin important s’est joué vendredi à la tête de GBL, le plus grand holding coté de Belgique. Désigné en mars pour succéder à Ian Gallienne, l’Allemand Johannes Huth a été officiellement intronisé comme nouveau CEO (chief executive officer) à l’occasion de l’assemblée générale du groupe. Dans le même mouvement, Ian Gallienne a pris la présidence du conseil d’administration, succédant à Paul Desmarais Jr. . Celui-ci reste impliqué en tant que vice-président, sa prise de recul complétant ce jeu de chaises musicales soigneusement orchestré.

Le départ de Paul Desmarais Jr. de la présidence ne change rien à l’équilibre capitalistique de GBL. Les familles Desmarais et Frère, alliées historiques, gardent la main via leur holding commun Parjointco, actionnaire de référence. "Nos deux familles travaillent ensemble, avec les mêmes ambitions que les fondateurs.", a-t-il rappelé devant les actionnaires. Mais la donne change sur le terrain stratégique : avec Johannes Huth, ex-patron de KKR en Europe, à la manœuvre, une nouvelle ère s’ouvre. Et la mission est déjà tracée.

En quatorze ans à la tête de GBL, Ian Gallienne a transformé la holding " d’une compagnie énergétique à un groupe diversifié, sans dette nette ", comme l’a salué Paul Desmarais Jr. Son successeur est désormais chargé d’engager une nouvelle étape : renforcer le portefeuille dans les actifs non cotés, cœur d’expertise de Johannes Huth, qui a passé un peu plus de 25 ans chez KKR, jouant un rôle clé dans la construction et la direction de ses activités en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique.

Un rééquilibrage amorcé depuis 2023-2024, avec l’objectif de tendre vers une part d'actifs non cotés qui devrait atteindre 50 % d'ici 2027, contre environ 40 % fin 2024. Cette évolution s’accompagnant d'une réduction significative des participations cotées, notamment par des cessions importantes d'actions Adidas et SGS.

Les résultats du premier trimestre 2025, publiés vendredi soir après la clôture de la Bourse de Bruxelles, ont confirmé la tendance, avec des actifs cotés représentant 55 % du portefeuille et des actifs privés directs portés à 44%, le solde de moins de 1% étant représenté par la plateforme de gestion d’actifs pour compte de tiers Sienna Investment Managers.

 

Le non coté progresse, mais le coté tire l'ANR vers le bas

 

D’un côté, ces résultats ont donc reflété la poursuite de la création de valeur des actifs privés directs à hauteur de 149 millions d’euros. Ces derniers comprennent des positions contrôlantes dans Affidea, Sanoptis et Canyon (actifs entièrement consolidés) ainsi que des participations minoritaires dans Voodoo et Parques Reunidos (actifs non consolidés ou mis en équivalence).

Soit un portefeuille privé déjà bien structuré : Affidea regroupe des centres de diagnostic médical dans toute l’Europe ; Sanoptis, numéro deux européen de l’ophtalmologie, gère plus de 250 établissements en Allemagne et en Suisse ; Canyon conçoit des vélos haut de gamme ; Voodoo développe des jeux mobiles à succès ; et Parques Reunidos exploite des parcs de loisirs dans plusieurs pays. Une diversification sectorielle assumée, au service d’un portefeuille positionné dans des secteurs porteurs et à fort potentiel de croissance.

Parallèlement, les cessions d’actifs cotés se sont accélérées, avec près de 800 millions d’euros issus de la seule vente d’actions SGS. Depuis 2024, le montant total atteint déjà 2,4 milliards d’euros. "Nous avons réalisé près de la moitié des cessions prévues à moyen terme, renforçant ainsi notre profil de liquidité afin de soutenir de nouveaux investissements privés et nos retours aux actionnaires", a commenté Ian Gallienne.

Reste que, sur l’ensemble du trimestre, la performance boursière a pesé. La baisse des actions Pernod Ricard et Adidas – les deux principales participations cotées avec SGS – a fait reculer la valeur du portefeuille coté. Un mouvement qui l’a emporté sur la progression des actifs privés, entraînant une légère contraction de l’actif net réévalué (ANR), passé de 15,7 milliards d’euros fin 2024 à 15,4 milliards fin mars. L’ANR par action est toutefois resté quasiment stable, à 112,82 euros, pro forma de l’annulation de 5,2 millions d’actions propres approuvée en assemblée générale. Une manière arithmétique pour GBL de maintenir le cap malgré les turbulences boursières.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article