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Air France-KLM maintient son cap grâce à une solide activité passagers / Le groupe améliore ses résultats et prépare l’arrivée de Florence Parly
Actualité porteuse pour Air France – KLM, qui publiait mercredi des résultats trimestriels meilleurs qu’attendu. Moins de 24 heures après avoir officialisé la nomination de Florence Parly à la tête de son conseil d’administration. L’ancienne ministre des Armées, dont la "très grande expérience du monde des affaires et des institutions, à des postes de direction dans le domaine des transports et en tant que ministre" n’a pas manqué d’être saluée par l’actuelle présidente, Anne-Marie Couderc, prendra ses fonctions lors de l’assemblée générale des actionnaires du 4 juin prochain.
Il existe une saisonnalité marquée dans les résultats d’Air France-KLM pour qui le premier trimestre est systématiquement déficitaire du fait qu’il correspond à une période creuse en matière de voyages. Et si les trois premiers mois de 2025 n’ont pas dérogé à la règle, la compagnie aérienne franco-néerlandaise n’en a pas moins amélioré la dernière ligne de son compte de résultat, avec une perte nette ramenée à 249 millions d’euros, contre 480 millions un an plus tôt. La perte d’exploitation a elle aussi reculé, à 328 millions d’euros, contre 489 millions un an plus tôt, là où les analystes anticipaient en moyenne 374 millions d’euros.
21,8 millions de passagers transportés en trois mois
Des progrès qui s’appuient en partie sur la baisse des coûts liés au carburant et aux quotas carbone (ETS), mais aussi et surtout sur une activité plus dynamique qu’anticipé, avec un chiffre d’affaires en hausse de 7,7 %, à 7,17 milliards d’euros, supérieur aux 7,05 milliards d’euros prévus par le consensus. "La demande soutenue a permis une hausse du chiffre d’affaires dans l’ensemble des activités", s’est félicité le directeur général Benjamin Smith.
Dans le détail, le groupe a transporté 21,8 millions de passagers entre janvier et mars, en hausse de 4,5 % sur un an. Le trafic, exprimé en passagers-kilomètres transportés (PKT), c’est-à-dire qu’il prend en compte non seulement le nombre de passagers, mais aussi la distance qu’ils ont parcourue, a lui progressé de 3,3 %. Et ce, tandis que la capacité augmentait de 3,8 %, permettant au taux de remplissage des avions de demeurer stable à 86 %.
La performance commerciale a également été au rendez-vous : le revenu par siège-kilomètre offert (RASK) a progressé de 3 %, porté par une amélioration des prix moyens (yields) sur les billets passagers comme sur le fret. Ces yields se sont montrés particulièrement solides sur l’Atlantique Nord, mais aussi vers l’Asie, le Moyen-Orient, l’Amérique latine, ainsi que dans les classes premium. Si bien qu’en moyenne, chaque siège vendu (ou chaque tonne de fret) a généré plus de revenus qu’en 2024, d’où la hausse de 181 millions d’euros des recettes unitaires.
Les ventes de billets boostent le cash-flow
Le fait est que les soubresauts géopolitiques et commerciaux n’ont pas entamé l’envie de voyager. "Face à l’incertitude politique et économique, l’Europe demeure une destination stable et attractive… tandis que le marché vers les États-Unis se redirige vers d’autres destinations", observe le groupe. Un dynamisme des réservations qui a des effets vertueux sur la trésorerie : "Les ventes de billets pour l’été ont contribué à améliorer la génération de trésorerie", a souligné mercredi Benjamin Smith. Sur le trimestre, Air France-KLM a enregistré un cash-flow d’exploitation positif de 1 milliard d’euros, porté essentiellement par un besoin en fonds de roulement favorable lié à la vente anticipée de billets.
La situation financière du groupe s’est d’ailleurs améliorée. La dette nette a été ramenée à 6,9 milliards d’euros fin mars, contre 7,3 milliards fin décembre, tandis que l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) a plus que triplé sur un an, à 396 millions d’euros. Ce qui a permis de ramener le levier d’endettement (dette nette/Ebitda) à 1,6 fois, dans la cible visée par le groupe.
Pour l’ensemble de l’exercice, Air France-KLM maintient ainsi le cap, fort de ses "hubs puissants" et de ses "marques fortes". Il prévoit une croissance des capacités de 4 % à 5 % en 2025 et table sur une hausse limitée de son coût unitaire, "à un chiffre bas" par rapport à 2024. Le levier d’endettement devrait, lui, rester compris entre 1,5 et 2 fois.
Un signal positif, face aux interrogations sur la solidité et l’agilité du modèle économique d’Air France-KLM, qui n’ont pas disparu malgré les efforts visibles des dernières années. La stratégie menée par Benjamin Smith – recentrage sur les segments les plus porteurs, rationalisation des coûts sans compromis sur la qualité – continue de porter ses fruits. Un message bien reçu par les investisseurs : l’action Air France-KLM a bondi de 3,3 % mercredi, à 7,71 euros.
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