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Donald Trump; tarifs; douane

Macro-économie / Taux / Etats-Unis / croissance / PIB

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Etats-Unis / croissance / PIB

Recul surprise de la croissance outre-Atlantique / La politique commerciale de Trump lui porte préjudice pour l’heure

L’économie américaine n’a pas connu la croissance attendue en ce début d’année, voilà qu’elle s’est contractée de l’ordre de 0,3 % au premier trimestre, en glissement trimestriel, là où le consensus tablait plutôt sur une croissance de l’ordre de 0,3 %. La consommation ne soutient plus autant la dynamique du PIB que lors des trimestres passés et la crainte d’une guerre commerciale pèse dans les comportements des agents économiques

Début de mandat compliqué pour Donald Trump sur le front de la croissance. Sa gouaille et sa verve n’ont pas empêché l’économie américaine de se contracter en ce début d’année. Les différents analystes ne font pas de mystère sur l’origine de cette mauvaise surprise. Christophe Boucher, directeur des investissements chez ABN AMRO Investment Solutions, évoque en effet une "forte hausse des importations visant à anticiper les droits de douane, comme en témoigne le déficit commercial, [qui] a pesé lourdement sur le chiffre global".

Le ministère du commerce ne dit pas autre chose puisqu’il avance que "la baisse du PIB au premier trimestre reflète en premier lieu une hausse des importations, qui se soustraient au calcul du PIB, ainsi qu’une baisse des dépenses de l’État fédéral". Pourtant Donald Trump, président américain, voit lui dans ce mauvais chiffre la conséquence des actions de son prédécesseur. Il est en effet allé de son commentaire sur la situation, il considère que la croissance va faire son retour cependant "cela va prendre un moment, ça n’a rien à voir avec les droits de douane, c’est seulement qu’il (Joe Biden) nous a laissés avec de mauvaises statistiques".

 

Vieille crainte

 

Le temps pourrait effectivement bien produire son effet mais pour Christophe Boucher il est désormais plutôt à redouter une stagflation. Un tel phénomène devient plus crédible à ses yeux étant donné qu’il y a "une accélération significative de l’indice des prix". De quoi placer la Fed dans ce qu’il qualifie d’une "position inconfortable : les risques inflationnistes sont orientés à la hausse tandis que la croissance ralentit ". Une hausse des anticipations d’inflations étant bien plus redoutable que des droits douanes à l’impact pouvant être circonscrit temporellement. La hausse des rendements des bons du Trésor à 10 ans est en partie imputée à la "hausse des anticipations inflationnistes compte tenu de la composante prix élevée du rapport".

Pour autant la guerre commerciale n’est pas négligée par l’économiste, celui-ci arguant que la confiance des consommateurs est affectée négativement par celle-ci. Par effet de domino, la consommation ne serait plus ce moteur pour la croissance qu’elle a constituée depuis des mois. La dernière contraction trimestrielle du PIB américain remontait à 2022 lors du début de l’invasion de l’Ukraine, les causes sont donc fondamentalement différentes cette fois-ci et pourraient être durables. Christophe Boucher confiant que le "programme tarifaire de Trump" fait une victime principale qui s’avère être les États-Unis étant donné que "les droits de douane s’appliquent à tous leurs partenaires commerciaux, contrairement à l’économie européenne, par exemple, où seules les exportations vers les États-Unis seront affectées ". De quoi laisser imaginer des conséquences durables tant que l’occupant du bureau ovale déroulera sa politique actuelle.

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