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Macro-économie / Taux / cuivre / Intelligence artificielle

Macro-économie / Taux
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L’IA pourrait faire fortement pression sur le marché du cuivre / Un risque pour la stabilité financière ?

En lien avec la croissance de l’intelligence artificielle, l’appétence pour l’or rouge devrait sensiblement augmenter au cours des prochaines années, entre autres du fait des composants électroniques utilisés dans les systèmes de stockage des données. La stabilité financière pourrait être menacée, juge une étude de la Banque de France.
Patrick T. Fallon / AFP
Patrick T. Fallon / AFP

Voilà un facteur supplémentaire qui devrait influencer à la hausse sur la demande de cuivre au cours des prochaines années. Le développement de l’intelligence artificielle va nécessiter davantage d’or rouge en raison des composants électroniques utilisés dans les systèmes de stockage de données (puces, circuits imprimés). Par ailleurs, le cuivre est notamment utilisé au sein des centres de données pour l’alimentation électrique, les systèmes de refroidissement et la connectivité.

C’est ainsi que le centre de données de Microsoft à Chicago a nécessité 2 177 tonnes de cuivre pour sa construction. Pour mémoire, l’entreprise minière BHP a estimé qu’au niveau mondial, la demande annuelle de cuivre des centres de données dédiés à l’IA devrait être multipliée par 6 et atteindre 3 millions de tonnes à horizon 2050, soit environ 9 % de la demande globale en 2050, contre 500 000 tonnes en 2024.

Cette hausse de la demande pourrait engendrer des risques pour le marché du cuivre, selon une étude de la Banque de France. "En 2024, des producteurs de cuivre ont identifié un décalage entre la demande croissante et les capacités de production, et ont alors alerté sur un risque de forte volatilité. Des craintes de pénuries potentielles de cuivre pourraient entraîner une forte tension sur les marchés au cours des années à venir", explique Claire Brousse, économiste à la Banque de France.

Cette dernière souligne que des épisodes de forte volatilité ont déjà eu lieu sur les marchés des métaux, avec des effets collatéraux sur la situation financière de certains participants de marché. "En 1995, Sumitomo, une grande entreprise de trading japonaise, a été impliquée dans une manipulation majeure du marché du cuivre. L’entreprise avait accumulé des positions futures massives sur le London Metal Exchange, contrôlant jusqu'à 5 % de l'offre mondiale et faisant grimper les prix artificiellement. La découverte de la fraude a entraîné d’importantes pertes pour Sumitomo (1,8 milliard de dollars) et une chute brutale des prix du cuivre de plus de 30 %", illustre-t-elle.

Il y a trois ans la planète finance avait été témoin d’un évènement semblable en lien avec le quasi-quadruplement du cours du nickel, ce qui avait entraîné la suspension des échanges par le LME. "Cet épisode a mis en évidence des risques majeurs pour les marchés de matières premières : d’une  part, leur sensibilité aux événements géopolitiques, qui peut provoquer des fluctuations soudaines et imprévisibles ; d’autre part,  le danger des  positions spéculatives excessives, qui peuvent entraîner des accidents de marché au travers du mécanisme des appels de marges", indique Claire Brousse. "Les appels de marge constituent un mécanisme de sécurisation nécessaire au bon fonctionnement des marchés de dérivés mais peuvent aussi être un canal de transmission d’un choc", souligne-t-elle.

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