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Philippe Brassac souligne la force du modèle décorrélé de Gecina / Le nouveau président met en avant la centralité, le prime et l’ESG pour affronter les défis à venir
" Nous vivons dans des sociétés où l’on a trop souvent opposé le profit à l’utilité, comme si le premier ne découlait pas du second. " C’est avec cette conviction que Philippe Brassac s’est exprimé jeudi devant les actionnaires de Gecina, réunis en assemblée générale à l’Hôtel Kimpton St Honoré, à Paris. Avant même que sa nomination au conseil d’administration ne soit validée (à 95,6 % des voix), celui qui s’apprête à quitter la direction générale de Crédit Agricole SA avait déjà endossé, à sa manière, son futur rôle.
L’occasion pour lui de faire valoir le positionnement particulier de Gecina, " dans la matérialité très concrète ", selon ses termes : en prise directe avec les enjeux d’usage, qu’il s’agisse de bureaux, de logements étudiants ou familiaux, mais aussi de durabilité. Une entreprise, selon lui, " plus à même qu’ailleurs de remettre les choses dans l’ordre ", en intégrant les exigences ESG non comme un filtre extérieur, mais comme un moteur intrinsèque de création de valeur.
" J’essaierai, avec beaucoup de modestie, d’aider le conseil d’administration et l’entreprise à développer tout cela ", a-t-il ajouté. Une transition chargée de sens pour Gecina, dont le conseil d’administration a désigné Philippe Brassac comme président à l’issue de la réunion. Il succède à Jérôme Brunel, nommé au printemps 2020, alors que la crise sanitaire bouleversait les repères et redessinait les priorités de l’immobilier.
Aujourd’hui, le nouveau président inscrit son mandat dans une autre période de turbulence — non plus conjoncturelle, mais structurellement instable. "Je pense que ce que nous vivons, même pour les cinq, dix, vingt, trente prochaines années, c’est une planète traversée par au moins trois ondes de choc durables," a-t-il expliqué devant les actionnaires.
À la normalisation nécessaire des politiques monétaires, financières et budgétaires des grandes économies occidentales — "ni achevée ni probablement largement commencée" — face à une inquiétude croissante sur la soutenabilité des dettes des plus grands États, et à l’onde de choc géopolitique traduisant un nouvel état du monde appelé à durer, s’ajoute une troisième secousse, environnementale et sociétale.
Il ne s'agit pas d'une injonction idéologique, mais d'un constat scientifique : " Nous sommes la génération qui doit maintenant affronter les nécessaires modifications de comportements, parce que la transition énergétique n’est plus une option". La pression croissante sur les ressources, la raréfaction de l’eau, de l’air, de la biodiversité, et les conflits qu’elles suscitent déjà, "tout cela constitue un substrat qui va durer cinq, dix, vingt ans. ", prévient Philippe Brassac.
Dans ce contexte, Gecina dispose d’atouts spécifiques pour traverser cet environnement en " tôle ondulée ", selon l’image du nouveau président. " Quand les soubresauts deviennent la norme, il y a une prime pour ceux dont le modèle est le plus décorrélé possible de ces aléas ", a-t-il affirmé. Et de rappeler les fondamentaux sur lesquels repose la stratégie du groupe : la centralité, le prime, et la durabilité.
La centralité, entendue comme l’ancrage dans les zones les mieux connectées — là où l’usage reste fort, quelles que soient les circonstances, "est une valeur concrète, utile, et très stable." Vient ensuite le positionnement prime, avec des immeubles haut de gamme, répondant aux plus fortes exigences de performance et d’attractivité. L’orientation ESG s’impose, elle, non comme un supplément d’âme, mais comme une ligne de force inscrite dans le modèle de l’entreprise.
Pour Philippe Brassac, c’est dans cette combinaison que réside "la gravité spécifique" de l’actif Gecina, capable de résister aux ondes de choc durables, voire d’en sortir renforcé.
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