Private Equity
Private Equity
Portrait-robot des fonds investis en non coté ouverts aux particuliers / Leur popularité n'a pas été démentie en 2024
L’accessibilité grandissante des classes d’actifs non cotés aux particuliers ne semble pas être en passe de ralentir. La dernière étude de France Invest menée à ce sujet, en collaboration avec Quantalys, fait en effet ressortir que dans un contexte pourtant peu propices aux levées de fonds, plus de 2,6 milliards d'euros ont été levés par des fonds investis en non coté et destinés au grand public l'année dernière. Cela représente une hausse de 29 % sur un an. Les souscriptions au travers de l'assurance-vie, en unités de compte, y ont largement contribué : elles représentent 76 % du total.
Les encours sous gestion ont ainsi atteint 10,8 milliards d’euros à la fin de l’année 2024, contre 7,9 milliards d’euros en 2023. Cet appétit grandissant des épargnants particuliers pour ces classes d'actifs a des racines multiples, a relevé Guillaume Cousseran, administrateur de l’association et managing partner en charge des relations investisseurs chez Apax by Seven2, lors de la présentation de l’étude. "Nous partions de zéro il y a quelques années, le 'momentum' est donc quelque peu normal. Un vrai travail de pédagogie a aussi été mené afin de démocratiser ces classes d’actifs, et leur offre se diversifie et s’étend. Enfin, dans le contexte économique actuel, elles offrent une moindre volatilité associée à un rendement intéressant. Dans les périodes compliquées, la diversification a toujours du bon", a-t-il rappelé.
En cascade
Ces différents arguments se reflètent d’ailleurs dans les autres résultats de l’étude. Tout d’abord quant à la démocratisation plutôt récente du private equity, puisque l’offre proposée aux particuliers reste, de fait, relativement jeune. Les véhicules ont un âge moyen de trois ans et sept mois, pour la plupart en phase d’investissement et étant, à de rares exceptions près, à appels directs. L’enquête a été menée auprès de 36 sociétés de gestion, pour 30 répondantes et couvre 117 véhicules, dont 71 référencés en assurance-vie (les FIP et FCPI ont été exclus de l’étude puisque des données sur leurs activités et leurs stratégies sont déjà disponibles et que leur fonctionnement reste différent des fonds destinés au grand public qui se développent actuellement, précise France Invest).
La montée en puissance des fonds "evergreen", offrant des caractéristiques pertinentes pour les distributeurs et les épargnants – au niveau de la gestion de la liquidité, ou encore des entrées et des sorties des investisseurs, explique l'étude – témoigne aussi de l’adaptation de l’offre à la demande. Ils étaient 25 à être gérés à fin 2024, dont neuf à avoir été créés l’an passé. Et concentrent 62 % des encours. À l’inverse, les fonds fermés au rachat sont au nombre de 92, pour 38 % des encours.
L’allocation de l’encours global des fonds apparaît diversifiée, entre les investissements en direct (incarnant 58 % des investissements réalisés), les fonds de fonds primaires ou secondaires et les actifs liquides, comprenant la trésorerie. Ces derniers représentent par exemple 8 % des encours sous gestion. Une statistique à mettre en relation avec la part des schémas "evergreen", où ils pèsent même à hauteur de 11 %. Si les stratégies d'equity direct sont les plus nombreuses parmi les 117 véhicules en valeur absolue (ils sont au nombre de 40 à être de ce type, contre 34 pour l’equity indirect, 32 pour la dette privée, 4 pour les fonds diversifiés et 7 pour les infrastructures), ils ne pèsent en revanche que 18 % des encours selon leur gestion par stratégie. Elle reste de son côté équilibrée : l’equity direct pèse pour deux points de plus que les infrastructures, mais deux de moins que l’equity indirect et la dette privée. Les fonds diversifiés prennent de leur côté la tête du classement, à hauteur de 36 %. Des stratégies multiples permettant de proposer une offre diversifiée aux épargnants particuliers, remarque France Invest. Le tout dans un marché se construisant de façon spécifique, afin de répondre à leurs différentes attentes.
Globalement alignés avec les institutionnels
Des attentes comprenant, forcément, celles des rendements. France Invest a seulement étudié ceux des fonds ayant été créés en 2022 ou avant, pour ne garder que les plus matures. À fin 2024, les fonds "evergreen" affichaient un rendement cumulé de près de 32 %, contre 23,2 % en 2023, pour un taux de rendement annuel moyen de 5,8 % - correspondant ainsi une légère hausse par rapport aux 5,6 % enregistrés en 2023. Le résultat d’une plus grande diversification ayant permis à ces fonds de rester résilients en 2024, observe l’association. Néanmoins, les rendements des fonds fermés se sont érodés entre 2023 et 2024. Ils sont passés de 23,3 % à 22,3 % en cumulé et de 6,3 % à 4,9 % en annuel moyen. Un recul s’expliquant par la jeunesse des fonds analysés, indique France Invest, puisqu'ils ont quatre années en moyenne. Les effets de la "courbe en J" pénalisent ainsi pour l’heure les rendements, indique France Invest. D'autres fonds ont aussi été affectés par le contexte économique et politique plus qu’incertain de l’année 2024.
"Au total, sur les 70 fonds utilisés pour l’analyse des rendements, la performance cumulée dépasse 28 %", a rappelé Simon Ponroy, directeur des études économiques et statistiques chez France Invest. En revanche, l’indicateur annuel moyen a reculé de 5,9 % à 5,5 %. Il oscille entre 2,8 % pour le premier quartile et 6,7 % pour le troisième quartile. L’écart de volatilité est d’ailleurs généralement plus important pour les fonds dédiés aux institutionnels, a-t-il été souligné lors de la présentation de l’étude. Restent évidemment les frais. Tels que prévus par les règlements, ils s’élèvent en moyenne à 3,34 % par année et au maximum. En revanche, sur les 100 fonds pris en compte pour l’analyse de ce volet, ayant permis de récupérer les frais globaux réellement appliqués en 2024 sur 48 fonds, leur niveau retombe 2,62 %. L’occasion pour Guillaume Cousseran de rappeler qu’à l’inverse des tendances croissantes qui s’observent sur les marchés cotés, le private equity restait avant tout un métier de gestion active – et ce que ce type de niveau de frais réels était en ligne avec ceux qui s’observaient dans les fonds réservés aux institutionnels.
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