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Macro-économie / Taux / Zone euro / droits de douane

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Zone euro / droits de douane

Droits de douane : la zone euro n’avait vraiment pas besoin de cela / Une croissance déjà molle entraînée vers le bas

La décision de Donald Trump d’augmenter les taxes à l’importation à hauteur de 20 % sur les marchandises de l’Union européenne ne sera pas sans effet sur une croissance de la zone euro pour le moins anémique. Si le Vieux continent riposte, la douleur sera encore plus insupportable.
Donald Trump, président des Etats-Unis - Andrew Leyden / NurPhoto / NurPhoto via AFP
Donald Trump, président des Etats-Unis - Andrew Leyden / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Le déploiement de la nouvelle politique commerciale de Donald Trump pourrait coûter plusieurs dizaines de milliards d’euros à la zone euro rien que cette année. Le président des Etats-Unis a décidé de taxer à hauteur de 20 % les importations effectuées par les entreprises américaines depuis l’Union européenne. "Cela pourrait réduire le Produit intérieur brut de la zone euro de près de 0,3 % ou 0,4 % dans les trimestres à venir", estime Andrew Kenningham, chef économiste chez Capital Economics.

Au cours d’une audition récente au Parlement européen, Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne (BCE) avait mentionné le chiffre de 0,3 % mais les travaux des économistes de l’institution de Francfort faisaient l’hypothèse de droits de douane à 25 %. En euros sonnants et trébuchants, cela représente une perte de près de 50 milliards d’euros en année pleine. "Qualitativement, cela représenterait un vent contraire significatif pour l’économie. Après tout, la croissance potentielle dans la zone euro est probablement juste en dessous de 1 % et les enquêtes suggèrent que la croissance était faible au premier trimestre. Cela dit, l’effet ne doit pas être exagéré", estime Andrew Kenningham

Ce dernier explique que les États-Unis représentent 17 % des exportations de biens de la zone euro, aussi une augmentation des droits de douane américains à 20 % correspond à une augmentation de 3,5 points de pourcentage du tarif moyen pondéré sur les exportations de biens de la zone euro. "La demande de biens en provenance des États-Unis représente moins de 2 % de la valeur ajoutée totale de l’économie de la zone euro", souligne-t-il. A noter que l’exposition des exportations françaises de biens aux Etats-Unis (1,7 % du PIB français) est inférieure d’environ 40 % à celle de l’UE dans son ensemble (2,8 % du PIB de l’UE), rappelle la Banque de France.

Cette approche purement comptable semble toutefois insuffisante pour appréhender ce qu’il est en train de se passer. "Toutes ces estimations doivent être considérées avec prudence et un effondrement de la confiance pourrait facilement déclencher un ralentissement beaucoup plus important. Par ailleurs, l’impact des droits de douane pourrait être atténué par un soutien aux secteurs les plus durement touchés", jugent Simon Wells et Elizabeth Martins, économistes chez HSBC.

En outre, la réponse de l’Union européenne jouera un rôle crucial. D’après les calculs de la BCE, une riposte coûterait 0,2 point de croissance en plus, soit une perte de 0,5 % au total. Olivier Blanchard, l’ancien chef économiste du Fonds monétaire international (FMI) et professeur émérite au MIT, qui s’entretiendra demain après-midi avec Eric Lombard, ministre de l’Economie et des Finances, a d’ailleurs un conseil en la matière pour l’Union européenne.

"Prenez votre temps pour répondre. Laissez les têtes froides prévaloir. Si vous pensez que Trump ne fera pas marche arrière (ce qui est probable à mon avis), la meilleure réponse économique (pas nécessairement politique) : Ne pas riposter. […] Ce n’est pas parce que l’administration Trump a tiré dans le pied des États-Unis qu’il y a une raison de faire de même avec l’UE", a-t-il réagi sur X.

Par ailleurs, "si vous pensez pouvoir faire changer Trump d’avis, alors optez pour des points d’étranglement. Rendez la vie plus difficile aux GAFAM en utilisant l’instrument de lutte contre la coercition. Ils ont les numéros de téléphone de la Maison Blanche et, s’ils sont blessés, ils appelleront et expliqueront la réalité au patron. (Mais il faut savoir que cela n’est pas sans coût pour le consommateur européen)", a-t-il ajouté.

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