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EDF fait évoluer les modalités de contractualisation de ses CAPN / Une mise aux enchères au niveau européen
Luc Rémont avait beau se montrer confiant lors de la présentation des résultats annuels d’EDF le mois dernier, la nouvelle politique commerciale de l’énergéticien, lancée il y a un an, n’est que partiellement une réussite. Certes, 6 000 contrats de fourniture d’électricité ont été signés, représentant 22 térawattheures pour 2028 et 12 pour 2029, mais les contrats d’allocation de production nucléaire de plus long terme (10 ou 15 ans) avec les industriels électro-intensifs (CAPN) ne décollent toujours pas. Selon le président-directeur général d’EDF, seules 9 lettres d’intentions auraient été signées à date, dont une ferme sur un marché en France estimé à 100 entreprises consommant à elles seules 40 térawattheures. "Des contrats pratiquement finalisés, qui ne nécessitent plus qu’une confirmation pour être enclenchés", assurait-il, expliquant avoir "des discussions détaillées intenses avec un nombre important d’industriels ".
Constat d’échec ?
Une formule de contrat destinée à offrir à l’énergéticien une visibilité de revenus sur ces lourds investissements à engager dans le nucléaire, estimés entre 20 et 25 milliards d’euros par an, que les industriels gourmands en électricité jugent de fait trop chère, ces derniers bénéficiant toujours du tarif préférentiel de l’Arenh qui court jusqu’au 31 décembre 2025. D’autant que dans le cadre de ces CAPN, ils doivent verser une avance conséquente au début du contrat (représentant un pourcentage de la valeur du contrat) avant de payer au réel les coûts de maintenance et d’exploitation.
C’est donc dans ce contexte qu’EDF a décidé de lancer un appel à manifestation d’intérêt pour ses CAPN, en mettant aux enchères son électricité à l’échelle européenne. Une offre disponible à partir du premier semestre, pour livraison en France, et à destination de consommateurs qui ont des besoins supérieurs à 7 gigawattheures par an et des fournisseurs ou producteurs disposant d’une capacité d’enlèvement physique de l’électricité en France, détaille l’entreprise. Un volume total de 1 800 mégawatts d’électricité par an (environ 10 térawattheures) sera ainsi proposé pour une livraison d’énergie qui débutera au 1er janvier 2026.
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