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Une visite d’État au Portugal placée sous le signe de la Tech et de la défense / L’Elysée veut profiter du succès du Sommet de l’IA à Paris
Une première depuis 26 ans. La dernière visite d’État d’un président de la République français au Portugal date de 1999, avec celle de Jacques Chirac. Les deux jours, les 27 et 28 février, que s’apprêtent à passer Emmanuel Macron et la Première dame dans le pays auront donc une saveur particulière. Objectif de ce nouveau déplacement présidentiel : redonner une impulsion à la relation France-Portugal.
Si la liste complète de la délégation de chefs d’entreprise qui accompagnera le chef de l’État à l’occasion de cette visite n’a pas encore été dévoilée, les relations économiques seront mises à l’honneur, nous prévient-on à l’Élysée. Pour mémoire, l’on compte près de 15 milliards d’euros d’échanges de biens entre les deux pays, la France étant le troisième client et le troisième fournisseur du Portugal. Côté entreprises, près de 1 200 filiales de groupes français sont installées au Portugal, employant plus de 100 000 personnes au niveau local, et faisant ainsi de l’Hexagone le premier employeur étranger du pays.
Au cours de cette visite d’État, un forum d’affaires se tiendra à Porto avec les Medef français et portugais. Elle sera aussi l’occasion de la signature d’une dizaine d’accords bilatéraux, notamment dans le domaine des énergies renouvelables et d’une lettre d’intention dans le secteur de l’armement (acquisitions de canons français Caesar), d’un accord de coopération scientifique et technique, etc. Il faut dire que ce déplacement intervient au lendemain de la rencontre entre Emmanuel Macron et le président des États-Unis Donald Trump à Washington pour échanger, entre autres, sur la situation en Ukraine. "La ligne de président de la République est très claire. Nous sommes dans une logique de souveraineté et d’autonomie stratégique quant au renforcement de la base de défense européenne", rappelle le cabinet du chef de l’État.
Le déplacement sera placé, en particulier, sous le signe de l’innovation, avec des séquences consacrées à la Tech et à l’intelligence artificielle (IA), dont une importante avec le maire de Lisbonne, et ancien commissaire européen chargé de la recherche et de l’innovation, Carlos Moedas, et les acteurs de la Tech franco-portugaise, en présence d’Emmanuel Macron et de Roxanne Varza, patronne de Station F. "L’objectif sera ici de mettre en exergue l’importance du numérique, secteur en pleine expansion au Portugal avec un pays qui compte plus de 4700 start-ups, 6 licornes, et un lien historique qui s’accélère entre les start-ups françaises et portugaises dans l’innovation", nous explique-t-on à l’Élysée, qui rappelle que ce déplacement intervient aussi quelques semaines après l’organisation à Paris du Sommet de l’IA, dont deux des livrables sont de faire préférer l’Europe sur les technologies dans l’IA et de faire émerger des champions européens.
De fait, dans le domaine de la Tech, certains grands groupes français, notamment du CAC 40 tels que Capgemini, Vinci, Thales, ou encore Euronext, ont une présence très importante au Portugal alors que de nombreuses start-ups s’y sont également installées, comme Lydia, Blablacar, Qonto, l’Ecole 42 possédant une expansion à Lisbonne. "Des entreprises qui ont fait le choix du Portugal pour y développer des centres d’innovation ", souligne l’Élysée, insistant sur l’objectif plus global de ce déplacement "qui vise à répondre aux enjeux plus larges de compétitivité européenne et à combler l’écart de productivité entre l’Europe et les États-Unis".
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