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Amériques; incendies; arbitrages

Macro-économie / Taux / Politique monétaire / climat / Banque des règlements internationaux

Macro-économie / Taux
Politique monétaire / climat / Banque des règlements internationaux

La politique monétaire doit apprendre à composer avec le climat / Les évènements météorologiques ne nécessitent pas tous la même réponse

Un climat dont le coût est de plus en plus conséquent pour les différentes économies. La Banque des règlements internationaux s’est penchée sur les implications des évènements météorologiques extrêmes en matière de politique monétaire et ce à travers des évènements ayant touché l’Amérique ces derniers mois et années. Un exemple pour le reste du monde à ses yeux, tant l’impact des phénomènes climatiques y est déjà quantifiable.
Incendies en Californie. Photo by Jon Putman / ANADOLU / Anadolu via AFP
Incendies en Californie. Photo by Jon Putman / ANADOLU / Anadolu via AFP

Une leçon venue des Amériques. Les incidences du climat pour l’économie y sont déjà prégnantes. Un défi de plus pour des Banques centrales ayant déjà fort à faire pour ajuster leur politique monétaire. Plusieurs enseignements en la matière sont avancés en la matière par la Banque des règlements internationaux (BRI) à partir de l’historique récent.

Le bureau des Amériques de la BRI a en effet publié un bulletin consacré à la question, dans lequel il énumère tous les maux pouvant être provoqués par les évènements climatiques extrêmes en arguant tant "des coûts économiques élevés dans les régions touchées", que de leur propension à réduire "la production économique et en augmentant les prix, sans compter les difficultés sociales qu’ils provoquent".

 

Ajustement

 

Dernier exemple en date, celui des incendies de janvier en Californie qui ont détruit d’importants stocks de logements et déplacé de nombreux emplois. Pour étayer leur propos des analyses empiriques provenant des huit économies majeures de la région sont mobilisées. Elles leur permettent d’établir des paradigmes suivant l’évènement ayant eu lieu ; les sécheresses réduiraient ainsi le PIB "au cours des deux années suivantes en raison de leurs effets durables sur l’agriculture, la sylviculture et la production d’électricité ".

Sur d’autres plans, les conséquences sont différentes, puisqu’il serait provoqué une hausse temporaire sur "les prix des denrées alimentaires, et les sécheresses et les tempêtes augmenteraient temporairement les prix de l’énergie", cependant aucun impact persistant sur les denrées alimentaires, l’énergie et l’inflation de base n’est constaté. Ce qui fait dire aux auteurs qu’il faut adopter la plus grande prudence à la réponse de politique monétaire appropriée à un tel évènement.

 

Discerner

 

La nature du choc et de son impact sur la production et l’inflation est bien entendu au cœur de ce processus décisionnel. D’un côté il est argué qu’un "resserrement de la politique monétaire peut être approprié pour ancrer les attentes en matière d’inflation, si des mesures fiscales ou des indemnités d’assurance soutiennent la demande après un événement météorologique extrême et que l’impact sur les prix est important et menace de devenir persistant ", là où a contrario un assouplissement de la politique monétaire pourrait bien être approprié dans certaines situations. Notamment celle où "un événement climatique extrême détruit le capital physique et a des effets durables sur la production globale alors que les attentes en matière d’inflation restent ancrées ".

La possibilité pour les banquiers centraux de "regarder à travers l’inflation" est également mise sur la table par les équipes de la BRI. Celles-ci se placent dans la situation où la marge de manœuvre budgétaire est limitée et et les anticipations en matière d’inflation qui restent ancrées. Un cocktail qui peut obliger les décideurs à regarder si les prix des matières premières augmentent en raison d’événements météorologiques extrêmes. En l’absence de perturbations dans la chaîne d’approvisionnement, alors la réaction de la politique monétaire peut se permettre de rester discrète. 

L’actualité récente est cependant bien prise en compte par le bureau "Amériques" de la BRI, ce dernier jugeant que "les décideurs politiques pourraient devoir tenir compte d’une sensibilité accrue à l’inflation après les récentes poussées d’inflation et les niveaux de prix élevés qui en ont résulté dans de nombreux pays ". Un arbitrage peut alors être dans le cas d’un événement climatique extrême sur la production, en se concentrant sur "la destruction du capital physique par les inondations et les tempêtes, les événements climatiques extrêmes les plus courants dans les Amériques ". Il n’est pas pour autant écarté la possibilité que, face à cette perte importante de capital physique ou de logements, il s’avère que "les coûts économiques d’une augmentation des taux directeurs (c’est-à-dire des taux élevés ralentissant la reconstruction du stock de capital et conduisant ainsi à des périodes plus longues de croissance plus faible de la productivité) peuvent l’emporter sur les coûts des augmentations à court terme de l’inflation".

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