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Macro-économie / Taux / Scope / souveraineté / Agence de notation

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Scope / souveraineté / Agence de notation

Nouveaux verdicts à venir pour la notation souveraine française / Les agences américaines ne seront pas les seules à dégainer

Le marasme économique tricolore perdure et les fourches caudines des agences de notation se rapprochent dès la fin du mois. Guillaume Jolivet, directeur général de Scope Ratings, nous détaille avant ces échéances les fondements de la philosophie qui présidera aux choix futurs de ses équipes. L'acteur européen devant dévoiler sa prochaine mise à jour de la notation souveraine française dans quelques semaines.
Bercy continue à dialoguer avec les agences de notations pour défendre la soutenabilité de la dette hexagonale. Photo by Ludovic MARIN / AFP
Bercy continue à dialoguer avec les agences de notations pour défendre la soutenabilité de la dette hexagonale. Photo by Ludovic MARIN / AFP

Un positionnement européanocentré assumé. Depuis son siège berlinois ou ses autres bureaux européens Scope Ratings revendique une vision différente des géants américains de la notation. Entre autres singularités, on retrouve un Français à sa tête depuis 2019 en la personne de Guillaume Jolivet.

Présent depuis de longues années dans l’agence de notation, il assure aujourd’hui à WanSquare "que l’agence affiche un track record exceptionnel en matière de stabilité de ses notations, l’obtention du statut ECAF (Eurosystem Credit Assessment Framework) en est une preuve tangible". Ce dernier est décerné par la Banque centrale européenne et a rendu éligible les notations produites par Scope Ratings à l’ensemble des programmes d’achats de titres négociables réalisés par l’institution.

 

Mêmes règles

 

Il nous confie que la connaissance fine du risque de crédit sur le continent européen, allant des obligations d’entreprise en passant par les institutions financières ou autres instruments de dettes est un atout essentiel pour la souveraineté du marché en Europe. À ses yeux, la pluralité d’opinions en matière de risque de crédit contribue à plus de stabilité et un meilleur fonctionnement du marché. Il n’en demeure pas moins convaincu que "le positionnement de Scope en tant qu’expert européen du risque de crédit, nous permet parfois d’être en avance sur les autres agences de notations comme lorsque nous avons été les premiers à relever la notation grecque en 2023".

Dans le contexte concurrentiel actuel, marqué par une volatilité accrue des marchés, le directeur général de Scope Ratings souligne l’importance cruciale de la prudence, notamment en ce qui concerne la temporalité. Le dirigeant argue "qu’il faut que les agences continuent à donner des vues fondamentales, elles auront nécessairement une certaine latence puisque leurs opinions n’ont pas vocation à fluctuer à la même vitesse que le marché. Ce dernier a d’ailleurs parfois à réagir excessivement avant de se corriger ".

 

Ecueils

 

D'aucuns évoquent un travers des grandes agences américaines à émettre des opinions trop souvent procycliques, par exemple le lien mécanique établi par les agences de notations américaines entre leurs notations souveraines et leurs notations d’institutions financières du même pays. "Sur ce point, Scope Ratings reconnaît une forme de lien lorsque les institutions financières possèdent une partie de la dette nationale, mais il rappelle qu’il est également impératif de refléter convenablement dans les notations les progrès considérables réalisés grâce à l’union bancaire et la supervision cohérente assurée par la BCE qui contribue à isoler dans une certaine mesure le risque de crédit d’une banque vis-à-vis du risque du pays où celle-ci est établie : une dégradation du risque des titres du Trésor français n’implique pas nécessairement une dégradation de la note des grandes banques françaises", explique Guillaume Jolivet.

Il considère également que les acteurs de la notation doivent être très vigilants à ne pas transposer trop rapidement des modèles développés pour d’autres géographies ou zones économiques. Il se questionne sur " la possibilité que la crise des dettes souveraines [2010-2012, ndlr] au sein de la zone euro a pu être accentuée par les vues subjectives des agences de notations américaines concernant la trajectoire politique du projet européen et une connaissance trop peu fine des mécanismes institutionnels européens. C’est au cœur de notre philosophie que d’appuyer nos analyses sur une compréhension que nous voulons la plus complète du système de l’Union européenne". Les prochains épisodes de ce type seront l'occasion de constater si Scope Ratings, dont l'historique des notations souveraines remonte à 2017, sera en mesure de joindre la parole aux actes.

 

Souveraineté

 

Un continent loin d’avoir le moral au beau fixe et ce notamment en raison d’une capacité de financement et d’un horizon de temps qui ne lui permettent pas pour l’heure de combattre tous ses maux. On s’inquiète chez le directeur général de "voir l’Europe ne pas se doter de tous les outils nécessaires à son développement économique. Le retard que nous prenons sur la démocratisation de la titrisation est préjudiciable au tissu économique européen et notamment à ses PME". Il regrette notamment de constater "que ce qui se passe outre atlantique devrait nous stimuler à faire davantage pour stimuler les investisseurs dans la titrisation, pourtant on a plutôt l’impression que le régulateur européen est à l’arrêt sur ce sujet".

Le développement des sujets lié à l’ESG, poussé en grande partie par le Vieux continent, ne bénéficie pas d’un agenda beaucoup plus positif, selon Guillaume Jolivet. En effet, il observe "un désintérêt progressif des investisseurs pour cette thématique, qui n’est pas attribuable aux événements en Europe, mais plutôt aux développements aux États-Unis." La récente décision de la Fed de se retirer du NGFS est une illustration de cette attention moindre portée au risque climatique.

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