Macro-économie / Taux / Fed / taux d'intérêt
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Fed / taux d'intérêt
L’inflation demeurant élevée, la Fed ne veut pas presser la normalisation monétaire / Et l’économie américaine en a sous le pied
Il est urgent d’attendre. Voilà l’état d’esprit qui semble habiter les membres du Comité de politique monétaire (FOMC) de la Réserve fédérale américaine (Fed). À l’unanimité, ils ont décidé de laisser inchangé le taux d’intérêt directeur dans une fourchette comprise entre 4,25 % et 4,5 %. Pour mémoire, à son pic atteint entre le second semestre 2023 et la fin de l’été 2024, il évoluait entre 5,25 % et 5,5 %.
"Ce recalibrage de l’orientation de notre politique était approprié à la lumière des progrès réalisés en matière d’inflation et du rééquilibrage du marché du travail ", a déclaré Jerome Powell, président de la Fed, à l’occasion de sa conférence de presse.
"Notre politique étant nettement moins restrictive qu’elle ne l’était, et l’économie restant solide, nous ne devons pas nous hâter d’ajuster notre politique", a ajouté le grand argentier. Pour mémoire, le taux d’intérêt nominal neutre, c’est-à-dire le taux qui ni n’entrave ni ne soutient l’activité économique, est estimé aux alentours de 3 % aux États-Unis.
À l’appui de son diagnostic, Jerome Powell a rapporté que pour l’ensemble de l’année 2024, le PIB américain avait augmenté de plus de 2 % en volume - quand la croissance potentielle se situe à 1,8 % - soutenu par la résistance des dépenses de consommation. Quant au marché du travail, les conditions restent "solides". Les créations d’emplois ont été en moyenne de 170 000 par mois au cours des trois derniers mois, ce qui permet au taux de chômage de se stabiliser à 4,1 %, un niveau historiquement faible.
Du côté des prix à la consommation, dont la Fed souhaite limiter la progression annuelle à 2 % en moyenne au cours du temps, la situation n’est pas encore totalement sous contrôle.
"L’inflation a diminué de manière significative au cours des deux dernières années, mais reste quelque peu élevée par rapport à notre objectif à long terme", a indiqué Jerome Powell. En glissement trimestriel annualisé, l’indice "cœur" (hors énergie et alimentation) des prix des dépenses de consommation personnelle (Core PCE) a augmenté de 2,5 % en novembre 2024 (et de 2,8 % sur un an).
"Si l’économie reste forte et que l’inflation ne continue pas à se rapprocher durablement des 2 %, nous pourrons maintenir notre politique de restriction plus longtemps", a prévenu Jerome Powell. "Si le marché du travail devait s’affaiblir de manière inattendue ou si l’inflation devait diminuer plus rapidement que prévu, nous pourrions assouplir notre politique en conséquence", a-t-il ajouté.
En décembre, quatorze des dix-neuf membres du FOMC s’attendaient à ce que le taux directeur soit abaissé d’au maximum 50 points de base d’ici la fin 2025. La probabilité qu’il y ait une diminution totale du taux directeur de plus de 0,5 point durant l’année est estimée à 28 %, d’après les marchés à terme.
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