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Kering libère des liquidités salutaires en cédant des actifs à Ardian / Une transaction immobilière de 837 millions d’euros qui en préfigure d’autres

Kering voit son action s’envoler de près de 10 % à la Bourse de Paris après l’annonce de la vente de la majorité des parts d’un portefeuille immobilier prestigieux à Ardian. Cette transaction, qui rapporte 837 millions d’euros à Kering et arrive à point nommé pour apaiser les inquiétudes sur la situation financière du groupe, devrait être suivie par d’autres à New-York et à Milan.
Francois-Henri Pinault - Photo by Ludovic MARIN / AFP
Francois-Henri Pinault - Photo by Ludovic MARIN / AFP

Le secteur du luxe est en effervescence à la Bourse de Paris. Les solides ventes trimestrielles du suisse Richemont ont mis le feu aux poudres, propulsant les actions LVMH (+7,2%), Kering (+6,1% à 245 euros) et Hermès (+4,8%) en tête du CAC 40. Un regain d’intérêt presque surprenant s’agissant de Kering, qui sous-performe ses pairs depuis de longs mois, non sans raison, mais qui bénéficie en l’occurrence d’un important catalyseur supplémentaire. Le groupe dirigé par François-Henri Pinault vient en effet d’annoncer la cession à Ardian de la majorité des parts d’un portefeuille d’actifs immobiliers de premier plan à Paris.

Les emplacements dont il est question sont prestigieux. Ils comprennent l’Hôtel de Nocé, situé au 26, place Vendôme, et deux immeubles situés au 35-37 et au 56, avenue Montaigne. Les actifs seront apportés dans une joint-venture nouvelle créée, dont Ardian détiendra 60 % du capital, cette cession partielle permettant à Kering de récupérer 837 millions d’euros.

 

Un résultat opérationnel amputé de moitié

 

Cette somme importante est la bienvenue alors que la situation financière de l’entreprise suscite une inquiétude croissante chez les investisseurs, compte tenu des acquisitions de biens immobiliers et de marques réalisées au cours des dernières années, tandis que la rentabilité d’exploitation ne cesse de se dégrader.

Longtemps porté par la croissance fulgurante de Gucci, sa marque phare, Kering traverse depuis deux ans une période de fortes turbulences sous l’effet du ralentissement général du marché du luxe, alors que la relance de la maison italienne, depuis toujours considérée comme la locomotive du groupe, s’avère plus complexe que prévu. Un défi auquel Stefano Cantino, récemment nommé à sa tête, va désormais s’attaquer, l’effet des collections de Sabato De Sarno, le nouveau directeur de la création arrivé début 2023, n'étant visiblement pas suffisant à ce stade.

En attendant, le résultat opérationnel du groupe dirigé par François-Henri Pinault devrait chuter à 2,5 milliards d’euros en 2024, presque la moitié des 4,7 milliards d’euros de 2023, et plus loin encore de 5,6 milliards d’euros de 2022. Et ce, alors que la dette augmente. Celle-ci frôlait les 10 milliards d’euros à la fin du premier semestre, gonflée par de nombreuses acquisitions. La prise de participation de 30 % dans Valentino lui a coûté 1,7 milliards d’euros, et le groupe s’est montré très actif en matière d’achats immobiliers, à Paris, mais aussi à New-York et à Milan, où il a dépensé plus de 2 milliards d’euros cette année pour des actifs sur la Cinquième Avenue et l’immeuble milanais emblématique situé via Montenapoleone 8, respectivement.

 

Echéances de 1,5 milliard d’euros à venir

 

De fait, l'opération avec Ardian, qui fait suite à l’émission obligataire de 750 millions d’euros du 24 novembre, vient renforcer de façon salutaire les liquidités du groupe. Outre le paiement prochain de 250 millions d’euros de l’acompte sur dividende 2024, Kering va faire face cette année à des "échéances d’un montant de 1,5 milliard d’euros au deuxième et troisième trimestres", rappelle Deutsche Bank.

Une situation qui laisse augurer de nouvelles cessions d’actifs immobiliers, en ligne avec l’objectif du groupe de générer 1,4 milliard d’euros de liquidités supplémentaires par cette voie. Ces mesures sont d’autant plus nécessaires que le groupe disposera de la possibilité d’exercer en 2026 son option d’achat sur les parts restantes de Valentino, soit un investissement potentiel d’environ 4 milliards d’euros. Un bémol cependant, l’opération annoncée avec Ardian se traduira par une charge locative supplémentaire liée à la joint-venture. "Mais Kering conserve la jouissance des emplacements, et les avantages pour le bilan l’emportent sur l’effet négatif sur les résultats à ce stade", souligne Deutsche Bank.

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