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JP Morgan / Jamie Dimon
JP Morgan a terminé 2024 en apothéose / Des performances remarquables dans toutes les divisions
Avec le recul, la prudence initiale manifestée par la première banque américaine se sera donc avérée excessive. Les bénéfices records des deuxième et troisième trimestres avaient déjà laissé présager une solide année 2024. Cette prévision s'est largement confirmée avec les résultats du quatrième trimestre, qui ont culminé en apothéose.
Les comptes publiés mercredi par JPMorgan en ouverture de la saison des résultats aux Etats-Unis se révèlent impressionnants. Le bénéfice net de 14 milliards de dollars, soit 4,81 dollars par action, a été multiplié par deux par rapport à l’année précédente. Il se situe 20% au-dessus des attentes - pourtant optimistes - des analystes dont le consensus se situait à 4,09 dollars. Si bien que sur l'ensemble de l'année écoulé, le bénéfice net à atteint un record de 58,5 milliards de dollars (56,8 milliards d'euros) contre 49,6 milliards de dollars en 2023.
Il est vrai que le dernier trimestre 2024 a profité d’un effet de comparaison favorable : fin 2023, JP Morgan Chase avait payé 2,9 milliards de dollars à la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC) sous forme d’une cotisation spéciale destinée à reconstituer le fonds d'assurance-dépôts de la FDIC à la suite de plusieurs faillites bancaires, notamment celle de la First Republic Bank.
Bond des commissions de banque d'investissement
Mais cela ne retire rien au fait que "chaque secteur d'activité a enregistré des résultats solides", comme l’a souligné Jamie Dimon, le président-directeur général de la banque. C’est vrai en particulier pour la BFI, pour laquelle l'élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis a provoqué une forte augmentation de l'activité. Les commissions de banque d'investissement ont bondi de 49 % par rapport à l'année dernière, tandis que les revenus de trading ont augmenté de 21%.
Cela s’applique aussi à la division Asset & Wealth Management (AWM) dédiée à la gestion d’actifs et les services de gestion de patrimoine, dont le bénéfice net s'est élevé à 1,5 milliard de dollars, en hausse de 25 %, pour des revenus en augmentation de 13%, à 5,8 milliards de dollars, sous l’effet de la croissance des commissions de gestion liée à la hausse du niveau des marchés, ainsi qu’à de fortes entrées nettes et à l'augmentation des commissions de performance.
Parallèlement, l’activité "services de paiement", soutenue par d’importants investissements technologiques et une stratégie ambitieuse visant à concurrence Visa et Mastercard, a continué de monter en puissance. Les commissions sur les paiements ont connu une croissance à deux chiffres pour le quatrième trimestre consécutif, portant les revenus des paiements à un niveau record de 18,1 milliards de dollars pour l'année.
Le seul bémol concerne la division CCB (pour "Consumer & Community Banking"), qui désigne les services bancaires destinés aux particuliers et aux petites entreprises, dont le résultat net a reculé de 6%, à 4,5 milliards de dollars. Mais si la branche peine à conserver les dépôts de ses clients dans un contexte de taux toujours élevés, les activités de cartes de crédit et de prêts automobiles de Chase se sont particulièrement bien comportées, générant un chiffre d’affaires en hausse de 14 %. "Au sein de CCB, nous avons continué à acquérir de nouveaux clients dans les secteurs des services bancaires aux consommateurs, des services bancaires aux entreprises, des cartes et de la gestion de patrimoine", a souligné Jamie Dimon. Pour preuve, deux millions de nouveaux comptes chèques ont été ouverts en 2024.
Prudence sur l'inflation
Se tournant vers 2025, le dirigeant ne se départit pas de sa prudence habituelle. "Les dépenses courantes et futures seront probablement inflationnistes, et par conséquent, l'inflation pourrait persister pendant un certain temps", estime-t-il, n’hésitant pas à rappeler aussi que "les conditions géopolitiques restent les plus dangereuses et les plus compliquées depuis la Seconde Guerre mondiale."
Jamie Dimon se réjouit en revanche qu’un certain nombre de réglementations bancaires envisagées après la faillite de Silicon Valley Bank aient finalement été assouplies. En particulier, le vice-président de la Fed chargé de la supervision bancaire, Michael Barr, a annoncé en septembre 2024 que l'augmentation des fonds propres exigés pour les grandes banques serait moins importante que prévu. Au lieu d'une hausse de 19 % initialement envisagée, l'augmentation ne serait que de 9 % par rapport aux niveaux actuels.
"Nous avons toujours dit que la réglementation devrait être conçue pour équilibrer efficacement la promotion de la croissance économique et le maintien d'un système bancaire sûr et solide", a ainsi rappelé jeudi Jamie Dimon. Et le patron de la plus grande banque américaine d'expliquer qu' "il ne s'agit pas en effet d'affaiblir la réglementation "mais plutôt d'établir des règles transparentes, équitables et holistiques dans leur approche".
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