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L’année 2025 sera clé dans l’avenir du cœur artificiel Carmat / La faible visibilité financière n’occulte pas le potentiel
Cela fait plusieurs années que pour Carmat, le temps, c'est de l'argent, celui de ses actionnaires de référence en l'occurrence. Encore sollicités lors d’une augmentation de capital réalisée en septembre dernier, d’un montant de 10 millions d’euros, qui a porté la visibilité financière de l’entreprise jusqu’à début 2025, ceux-ci devront une nouvelle fois remettre au pot prochainement.
"Sur la base de ses ressources financières immédiatement disponibles, Carmat peut financer ses activités jusqu’en février 2025, et estime ses besoins financiers à 12 mois entre 40 et 45 millions d’euros", a indiqué mercredi l’inventeur du cœur artificiel total le plus avancé au monde, tout en dévoilant ses chiffres de ventes pour l’année écoulée.
L’enjeu pour l’entreprise est d'accélérer le plus rapidement possible le rythme de ses ventes de cœurs artificiels pour atteindre l'équilibre financier. Un seuil de rentabilité qu’elle définit à partir d’un nombre d’implantations de l’ordre de 500 cœurs par an. Y parvenir suppose donc d’immenses progrès alors que l’année 2024 s’est terminée sur la vente de 42 cœurs Aeson (son nom commercial).
Montée en cadence encourageante
La performance, correspondant à un chiffre d’affaires de 7 millions d’euros, s’inscrit d’ailleurs en deçà de la fourchette de prévisions de 8 à 12 millions d'euros donnée lors de la publication début septembre des résultats semestriels, obligeant à réévaluer la trajectoire de montée en cadence.
Pour 2025, Carmat prévoit, a minima, un doublement de ses ventes en 2025 par rapport à celles de 2024, ce qui porterait le chiffre d’affaires à au moins 14 millions d’euros, nettement en dessous par exemple des projections des analystes d’Oddo BHF, qui tablaient sur 24 millions d’euros de chiffre d’affaires. "Nous révisons une nouvelle fois nos estimations à la baisse pour modéliser 15 millions d’euros en 2025 et 31 millions d’euros en 2026, au lieu de 67 millions d’euros initialement", indiquent-ils.
Soit une grosse différence, mais qui n’occulte pas le fait que la tendance est favorable. "La croissance est encourageante et de nombreux indicateurs sont positifs dans une perspective de moyen terme", juge de son côté le cabinet Invest Securities.
Malgré une faible visibilité financière, la confiance dans l’avenir de la société et de son produit révolutionnaire demeure intacte. Un optimisme notamment soutenu par une adhésion grandissante des hôpitaux : 60 centres sont désormais formés à la bioprothèse de Carmat, dont 50 à l’international pour des implantations commerciales. Dans le même temps, la chaîne logistique s’est structurée et calibrée pour répondre à la demande. Au cours du quatrième trimestre 2024, l’équipe "terrain" de Carmat a pu accompagner avec succès quatre implantations durant une même semaine, et deux implantations au cours d’une même journée.
Une étude clinique essentielle
"Le besoin de financement est encore important, mais reste marginal par rapport au potentiel commercial d’Aeson", souligne ainsi Invest Securities. Un potentiel sur lequel repose en grande partie l’étude clinique en cours, baptisée "EFICAS", la plus large jamais initiée par Carmat.
Celle-ci, qui doit permettre de recueillir des données supplémentaires sur l’efficacité et la sécurité du cœur artificiel, ainsi que des données médico-économiques, est essentielle pour l’obtention du remboursement du cœur artificiel de Carmat en France. Ses résultats feront également partie des données analysées par la FDA pour accorder son approbation préalable à la mise sur le marché américain.
Carmat anticipe de boucler les recrutements au premier semestre 2025, ce qui permettrait la publication de ses résultats en fin d’année. Un objectif clé sachant que les États-Unis constituent le plus grand marché mondial de l'insuffisance cardiaque. Et une étape indispensable pour atteindre la cible de 500 cœurs par an.
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