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Macro-économie
Natixis donne un cours d’économie aux candidats à l’élection présidentielle
Tout n’est pas faisable en économie. Encore moins lorsque le pays n’est pas encore totalement remis d’une crise économique sans précédent, comme c’est le cas de la France. C’est cette incompatibilité que met en avant dans une note, l’économiste de chez Natixis, Patrick Artus. Ce dernier relève en effet que « les candidats à la Présidence de la République en France ont des programmes économiques parfois incompatibles avec certains mécanismes économiques clairement observés en France ». Car une grande majorité d'entre eux propose de soutenir la demande (via les salaires et les dépenses publiques), d’augmenter le salaire minimum et de re-réglementer le marché du travail, notamment dans les négociations intra-entreprises. Autant de propositions qui sont démontées une par une dans la note de Natixis mettant en avant trois mécanismes typiquement français qui empêchent de fait la mise en place de ces mesures.
D’une part, l’appareil productif est incapable de répondre à la hausse de la demande. Ainsi, même si la baisse du prix du pétrole depuis 2014 a soutenu la demande intérieure et la baisse de l’euro les exportations, « on s’aperçoit que la hausse de la demande totale qui est ainsi apparue a été satisfaite essentiellement par les importations et pas par la production domestique », souligne Patrick Artus. Pour lui, la raison tient au fait que la production française n’est pas assez dynamique, ne lui permettant pas de répondre à la demande. Ainsi c'est « l’incapacité de l’appareil productif à répondre à une hausse de la demande, qui rend inefficaces les politiques de stimulation de la demande », ajoute l’étude.
Par ailleurs, il existe en France une forte sensibilité de l’emploi non qualifié au coût du travail non qualifié. Ainsi, que ce soit dans les grandes entreprises comme dans les plus petites, l’élasticité entre ces deux indicateurs est très forte. Aussi, le niveau de chômage des peu qualifiés en France est à relier au niveau élevé du salaire. C’est cette « forte élasticité de l’emploi non qualifié au coût du travail non qualifié, qui rend dangereuses toutes les politiques qui accroîtraient ce coût », estime Patrick Artus.
Enfin, la France souffre d’un handicap sévère de compétitivité par rapport aux coûts. Natixis prend ainsi comme comparatif l’Espagne qui dispose de niveaux de gamme proches de ceux de la France en terme de production. Or, le coût unitaire de production en France est 19% plus élevé qu’en Espagne. Ainsi, « le handicap considérable de compétitivité-coût de la France (…) rend dangereuses toutes les politiques qui empêcheraient que, dans les entreprises, la formation des salaires dépende davantage de la compétitivité », relève encore Natixis.
Au final pour Natixis, les politiques envisagées par les candidats sont tout simplement dangereuses pour l'économie. « Nous pensons que, compte tenu des mécanismes observés de l’économie française, les candidats à la Présidence de la République en France ne devraient pas pouvoir suggérer de soutenir la demande avant que l’offre n'ait été réparée ; d’augmenter le coût du travail non qualifié ; de réduire le degré de décentralisation au niveau des entreprises des décisions du marché du travail (salaires, organisation du travail) », conclut Natixis. A bon entendeur.
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