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M&A / fusions-acquisitions
Lazard confirme sa suprématie dans les fusions-acquisitions françaises / BNP Paribas et Goldman Sachs en forte progression
Dans un marché des fusions et acquisitions qui s’est nettement redressé en 2024, le classement des meilleures banques impliquant une partie française a largement évolué par rapport à celui de l’année précédente. Avec néanmoins une similitude importante : Lazard, qui avait repris la tête du classement français en 2023, l’a conservée l’an dernier.
Dans le match historique qui l’oppose à Rothschild, la banque franco-américaine a même creusé l’écart sur sa rivale, dominant le marché conseil en M & A en valeur avec un montant de 57 milliards d’euros selon les Leagues Tables de LSEG (anciennement appelé Refinitiv) à fin décembre. L’établissement dirigé par Jean-Louis Girodolle à Paris a notamment conseillé le fonds américain CD & R dans le rachat d’Opella, le pôle santé grand public de Sanofi, ou encore Saint-Gobain dans le cadre de l’acquisition de CSR Limited.
Un recul à relativiser pour Rothschild
L’établissement fondé en 1848 à la Nouvelle-Orléans devance ainsi largement la banque de l’avenue de Messine, passée dans le même temps de la deuxième à la neuvième place, avec un total de 25 milliards d’euros. Bien sûr, cette dernière, compte tenu de son expertise dans le conseil en fusions-acquisitions sur le segment des small et mid caps, affiche comme à son habitude le plus grand nombre d’opérations : 126, selon les chiffres de LSEG, Lazard en totalisant 88.
L’important écart apparent en termes de valeur totale des deals entre les deux établissements mérite toutefois d’être relativisé. Il faut avoir à l’esprit que le volume est fortement sous valorisé chez Rothschild en raison du non renseignement de valeur de 70 % de ses opérations. Parmi les 126 deals annoncés cette année et répertoriés par les League Tables, 87 n’ont pas été renseignés en valeur. On trouve dans cette liste de nombreux tickets importants, comme le rachat de Petit Forestier par le fonds d’infrastructure britannique Wren House, celui de Primonial par Laplace, le pôle de gestion de patrimoine de Crystal, ou encore le rachat des infrastructures terrestres d’Eutelsat par EQT.
Dans le match entre grandes banques françaises, c’est BNP Paribas qui s’est imposée, s’arrogeant la deuxième place du marché, avec un total de 31 opérations pour un montant de 54 milliards d’euros, à comparer à sa cinquième position de 2023. Parmi ses plus grosses opérations de l’année, outre le rachat par sa maison mère des activités de gestion d’actifs d’Axa, la banque de la rue d’Antin est intervenue, elle aussi, dans la vente d’Opella, pour sa part en tant que conseil de la filiale du groupe pharmaceutique. Société Générale est huitième, avec 28 deals pour 27 milliards d’euros, tandis que CACIB, neuvième, a conseillé 55 opérations pour un total 26 milliards d’euros.
Evercore et PJT Partners se font une place
Du côté de leurs homologues américaines à bilan, Goldman Sachs signe un retour au premier plan. La firme remonte à la troisième place, avec 31 opérations conseillées pour 46 milliards d’euros, dont l’acquisition par la Française des Jeux (FDJ) de Kindred Group, la société mère d’Unibet. Elle devance Morgan Stanley, quatrième avec 32 opérations et un total de 42 milliards d’euros, et Citi, qui a conseillé 19 transactions pour 35 milliards d’euros. Suivent respectivement JP Morgan et Bank of America aux sixième et septième places, avec respectivement 34 opérations pour 35 milliards d’euros et 24 opérations pour 34 milliards d’euros.
Autre enseignement du classement, la montée des outsiders, les boutiques américaines Evercore et PJT Partners avec leur modèle d’affaires concentré sur le conseil, qui se sont fait une place sur le marché français en 2024. La première, après avoir recruté deux stars de Lazard en début d’année (Charles Andrez et Andrea Bozzi), s’est classée 11ème l’an dernier, tandis que PJT Partners s’est notamment fait remarquer en intervenant dans la restructuration financière d’Atos, et occupe la 15ème position.
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