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Droit des sociétés / Cabinet Maisonneuve / Bérénice de Warren / Cabinet d'avocats / Portrait

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Cabinet Maisonneuve / Bérénice de Warren / Cabinet d'avocats / Portrait

exclusif Bérénice de Warren, une avocate en droit pénal des affaires rompue à la pression médiatique / L’associée au cabinet Maisonneuve sait intégrer tous les bons réflexes dans sa stratégie de défense

EXCLUSIF. Penser à l’impact médiatique que pourrait avoir une affaire qui lui est confiée, avoir des relations apaisées avec les magistrats pour le bien du traitement du dossier de l’un de ses clients, savoir traduire les arguments de ce dernier avec un langage juridique, autant d’automatismes parfaitement intégrés par l’avocate du Parlement européen dans l’affaire des assistants parlementaires du Rassemblement national. Bérénice de Warren sait se faire psychologue pour faire entendre les arguments de ses clients. Portrait.
Bérénice de Warren (crédits: cabinet Maisonneuve)
Bérénice de Warren (crédits: cabinet Maisonneuve)

Ces dernières semaines, son nom a fait l’actualité. Et pour cause : Bérénice de Warren, associée depuis 2019 dans le très réputé cabinet Maisonneuve, spécialisé en droit pénal des affaires, est l’avocate du Parlement européen dans le procès – très médiatique - dit "des assistants parlementaires" du Rassemblement national. Un dossier, examiné par le tribunal correctionnel de Paris en novembre dernier et dont les réquisitions du Parquet (5 ans de prison à l’encontre de Marine Le Pen, dont deux ans ferme aménageables, 5 ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, ainsi que 300 000 euros d’amende) n’ont pas manqué de faire réagir la classe politique et de susciter l’intérêt – compte tenu du potentiel empêchement de la députée à se présenter à l’élection présidentielle de 2027 si les juges décidaient de suivre cette recommandation – de toute la presse politico-judiciaire.

 

Une pratique très psychologique

 

Une pression sur les épaules de Bérénice de Warren ? Absolument pas. Il y a longtemps que l’avocate de 38 ans a appris à composer avec ce type d’affaires. "Quel que soit le client, quelle que soit sa réputation, mon premier réflexe sera toujours de me demander quelles réactions son dossier peut entraîner, quels impacts les décisions des juges auront pour lui, pour son entreprise et la société en général. Mon rôle en tant que conseil de la défense ou de la partie civile (ce qui est plus rare) est de trouver la juste parole de mon client et de toujours anticiper, que ce soient les médias, la politique ou le fait d’être très sollicitée. Tout cela fait partie intégrante de la stratégie décidée sur un dossier ", explique-t-elle à WanSquare.

Il faut dire aussi que Bérénice de Warren a été formée à bonne école. Celle qui a d’abord rêvé de devenir magistrate a toujours eu une véritable passion pour le droit pénal des affaires. "Le droit pénal se glisse partout. Ce qui est passionnant dans mon métier est que nous pouvons travailler sur des contentieux très variés. Chaque dossier est la découverte d’un univers professionnel différent. Il y a aussi le côté humain et psychologique, la particularité qui m’intéresse peut-être le plus", confie-t-elle.

 

Des affaires qui permettent de faire évoluer le droit

 

Après des études de droit à l’université Panthéon-Assas, et son diplôme d’avocate en poche en 2010, elle effectuera son stage final chez Veil Jourde. "Jean Veil et François Esclatine étaient mes maîtres de stage. Cette expérience m’a tellement plu que j’ai rejoint le cabinet en tant que collaboratrice un an plus tard. J’y ai connu 7 années très riches en formation, durant lesquelles Jean Veil m’a permis de travailler, dès les premiers mois, sur des dossiers d’envergure. Il est, en effet, de ces avocats qui responsabilisent la nouvelle génération, en lui permettant d’étudier un dossier. J’ai beaucoup appris à ses côtés, notamment par son approche de la relation avec le client, son accompagnement psychologique et sa capacité à parler le même langage que les dirigeants qu’il défend", se souvient Bérénice de Warren.

Et de fait, dès ses premiers pas au sein du cabinet, Jean Veil lui confiera la défense de Didier Lombard, ancien directeur général de France Telecom, mis en examen pour des faits de harcèlement moral et de suicides de salariés au sein de l’entreprise entre 2007 et 2011. "Un dossier très important dans ma vie d’avocate car il me suit encore aujourd’hui, la Cour de cassation ayant fixé au 21 janvier prochain le date de sa décision sur les pourvois que nous avons formés ", souligne-t-elle, poursuivant, "ce dossier est aussi capital en droit car il a institutionnalisé le sujet du harcèlement moral au travail, qui n’existait pas jusqu’alors dans la loi. Il est en outre tentaculaire, le nombre de parties civiles inscrites dans la procédure étant très important. Tous ces aspects en font un dossier particulier". De premières armes qui lui permettront ensuite de participer à la défense de l’ancien ministre du budget Jérôme Cahuzac en première instance, avant qu’Eric Dupond-Moretti ne reprenne le dossier. "Jean Veil m’a tout de suite fait plonger dans le grand bain", insiste Bérénice de Warren.

 

Une association qui signifie beaucoup  

 

En 2019, elle signera son arrivée au sein du cabinet Maisonneuse, dont le fondateur Patrick Maisonneuve fut notamment l’avocat d’Henri Emmanuelli dans l’affaire Urba, de Pierre Bérégovoy mais aussi de hauts responsables de la police au procès Clearstream, du juge Burgaud ou encore, de la société Bygmalion. "Patrick Maisonneuve a fondé le cabinet après avoir débuté en droit pénal général. Il a pris le tournant du pénal des affaires très tôt, dans les années 1980-1990 avec les premières affaires politico-financières ou d’abus de biens sociaux. Ensuite la politique pénale n’a cessé de se renforcer, avec aujourd’hui des dossiers de fraude fiscale, de blanchiment et de corruption. Ce faisant le droit pénal s’est beaucoup professionnalisé pour toucher tout ce qui ressort de la punition dans le cadre de l’exercice professionnel. Cela comprend aussi le contentieux avec les autorités administratives, dont par exemple l’Autorité des marchés financiers, et les autorités disciplinaires", nous explique Bérénice de Warren.

Avec son arrivée, c’est la première fois que le cabinet ouvrira ses portes à une associée extérieure, Patrick Maisonneuve s’étant jusqu’alors uniquement associé avec son fils, Antoine. C’est d’ailleurs ce dernier qui proposera à Bérénice de Warren de les rejoindre. "Nous étions tous les deux en stage final chez Veil Jourde. Mon arrivée au sein du cabinet Maisonneuve faisait de moi la troisième associée avant que Remi Lorrain, venu de chez Darrois, ne nous rejoigne trois ans plus tard. Cela représentait donc un vrai enjeu pour moi et une vraie marque de confiance", estime celle qui aime travailler en duo.

 

L'affaire du RN, le dossier le plus marquant de sa carrière 

 

Elle fut par exemple avec Patrick Maisonneuve conseil de Pierre Giacometti dans l’affaire des sondages de l’Elysée, puis avec Antoine Maisonneuve de Jean-Pierre Jouyet, auparavant secrétaire général de l’Elysée. C’est de nouveau aux côtés de Patrick Maisonneuve qu’elle est intervenue, à partir de l’été dernier, pour le Parlement sur le dossier du Rassemblement national. "Soit très tardivement car l’information judiciaire a été ouverte en 2015 (à noter que le cabinet est aussi conseil sur la procédure visant le Modem et dont l’examen en appel est attendu sans date fixée pour le moment, ndlr). Il m’a donc fallu reprendre tout l’historique du dossier, soit 7 ans d’instruction, avec de nombreux enjeux juridiques et politiques, mais qui en font ainsi pour l’heure le dossier le plus marquant de ma carrière d’avocate ", confie Bérénice de Warren prônant aussi une relation apaisée envers les magistrats. "Il me semble important d’avoir des relations respectueuses avec eux, ce qui n’empêche pas d’assurer une défense de fond de qualité. Je me suis souvent posé la question, en tant que femme avocate évoluant à côté de grands ténors masculins du barreau, de comment trouver ma place. J’estime qu’il ne sert à rien d’être humiliant ou violent d’autant que notre rôle est de faire la passerelle entre le client et le magistrat qui ont chacun leur propre logique. Cela simplifie le traitement du dossier et être systématiquement dans la rupture de défense joue aussi sur la réputation du cabinet. C’est en outre une tactique qui a ses limites aujourd’hui avec la pratique de la justice négociée", estime-t-elle.

Le tribunal de Paris rendra son délibéré sur le dossier du Rassemblement national le 31 mars prochain à 10 heures.

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