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Hopium a présenté son projet de plan de redressement / Le Tribunal de Commerce de Paris l'examinera en janvier
Après avoir joué les prolongations, la période d’observation d’Hopium ouverte auprès du Tribunal de Commerce de Paris en juillet 2023 touchera à sa fin à la mi-janvier prochain. C’est dans ce contexte que la cleantech vient de présenter son plan de redressement, qui sera proposé au vote des créanciers et de ses actionnaires, réunis en classes de parties affectées, à compter du 23 décembre et jusqu’au 6 janvier, pour être par la suite soumis au Tribunal. Un plan ayant pour but de ramener le montant total du passif de l’entreprise à 9 millions d’euros et qui appellera également à de nouveaux besoins de financements significatifs : 8 millions d’euros pour 2025 et 30 millions d’euros jusqu’à 2028.
Hopium entend, en effet, réformer (de nouveau) son modèle d’affaires pour cibler le marché du transport lourd. Pour mémoire, l’entreprise avait déjà annoncé procéder à un recentrage de ses activités lors de l’ouverture de cette procédure de redressement judiciaire. Elle avait mis le cap sur son projet de pile à combustible et mis de côté son ambition initiale de développer une berline à hydrogène, la Machina. Depuis, plusieurs avancées ont été obtenues en la matière. "Après la réalisation de ses essais sur bancs, Hopium a annoncé le 7 octobre 2024 la réussite de ses essais sur route, marquant ainsi un pas décisif vers la commercialisation de sa technologie innovante de pile à combustible. Ces essais ont confirmé la robustesse et la fiabilité du système de propulsion à hydrogène développé par Hopium. Ils valident ainsi le fonctionnement du système pile Hopium en environnement réel, soit un niveau de maturité TRL7", explique l’entreprise dirigée par Stéphane Rabatel.
Un jalon stratégique de franchi, qui permet à Hopium d’envisager une commercialisation dès le premier semestre de 2025, tandis qu’un premier partenariat lui permettra aussi de livrer des systèmes de piles à combustible à K-Challenge, pour la motorisation de ses bateaux d’accompagnement d’ici à la fin juin 2025. D’autres commandes seraient aussi en cours, explique le groupe, notamment dans le domaine de l’aéronautique. Hopium devrait concentrer ses efforts, dans le cadre de son plan de redressement, sur le développement de son outil industriel. Une stratégie de développement reposant sur une montée en cadence, qui permettra à l’entreprise de bénéficier de baisses de coûts sur les composants de ses systèmes.
Conditions
"La capacité de la société à mettre en œuvre son plan stratégique et opérationnel dépend donc de sa capacité à réaliser l’augmentation de capital avec maintien du droit préférentiel de souscription (DPS) d’un montant de 8 millions d’euros au cours du premier trimestre 2025 et à lever les fonds supplémentaires nécessaires pour les années suivantes", rappelle Hopium. Cette augmentation de capital, qui impliquera une dilution importante pour les actionnaires qui n’y participeraient pas ou partiellement, pointe le groupe, est de son côté conditionnée à l’approbation du plan de redressement par les classes de parties affectées et par le Tribunal de Commerce de Paris.
Soutenu par son partenaire financier Atlas Special Opportunities depuis l’ouverture de sa procédure de redressement, Hopium a effectué en novembre dernier un tirage anticipé des dernières tranches prévues dans le contrat d’émission et de souscription d’obligations convertibles en actions avec le fonds. D’une valeur de 2,25 millions d’euros, il permettra à l’entreprise de couvrir ses besoins pour les deux ou trois prochains mois. Pour la suite, les 8 millions d’euros comprendront le paiement de la première annuité du plan de redressement - étalé en quatre échéances trimestrielles - et les investissements nécessaires à la mise en production et à la commercialisation des premiers systèmes de pile à combustion.
Actuellement en pourparlers avec plusieurs investisseurs, dont des actionnaires historiques de l’entreprise, Hopium a reçu des intentions de souscrire à l’augmentation de capital à hauteur de 2,2 millions d’euros. L’audience d’examen du plan étant prévue pour le 16 janvier prochain au Tribunal, les discussions avec d’autres investisseurs susceptibles de participer à cette augmentation de capital se poursuivent (le prix de souscription des actions nouvelles émises dans ce cadre sera déterminé par le conseil d’administration décidant du lancement de l’opération). D’ici à la mi-janvier, si les engagements ne couvraient pas les trois quarts du montant, le plan pourrait ne pas être approuvé par le Tribunal.
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