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Le modèle d’affaires de Seb séduit toujours / L’accent mis sur le marché professionnel est prometteur

Fort de sa capacité à innover sur un marché du petit électroménager structurellement porteur, Seb vise une croissance d’au moins 5% et une marge opérationnelle de 11% à moyen terme. Des objectifs confortés par les ambitions du groupe sur le marché de l’équipement professionnel, et que la croissance externe pourrait aider à bonifier.

A en juger par l’évolution de son cours de Bourse, la journée dédiée aux investisseurs que le groupe Seb organisait jeudi a atteint son but. Après une hausse de 1,7% enregistrée le jour même, l’action du spécialiste du petit électroménager gagnait plus de 3% supplémentaires vendredi, à 114,7 euros.

En annonçant prévoir une croissance organique d'au moins 5% par an à moyen terme, alimentée par sa politique d'innovation constante et la réaccélération de la demande en Chine et sur d'autres marchés, l’entreprise a fait une importante piqure de rappel pour les investisseurs. Ses atouts pour générer une croissance régulière sont toujours là.

Si l’année 2022 fut confrontée à une conjoncture générale difficile (après une année 2021 record) et bien que le groupe ait dû attendre le deuxième trimestre de cette année pour renouer avec la croissance organique au milieu d'une environnement économique toujours incertain, son avenir se présente sous de bons auspices..

 

Une démographie toujours porteuse

 

Cela fait longtemps que le groupe présidé par Thierry de la Tour d’Artaise – qui en a abandonné la direction générale en 2022 à Stanislas de Gramont – profite d’un marché du petit équipement domestique en croissance structurelle, porté par l'essor mondial des classes moyennes, notamment dans les pays émergents.

En particulier en Chine, où Seb est très bien implanté depuis l’acquisition en 2006 du groupe Supor, le numéro un chinois du secteur. Si des inquiétudes existent sur la conjoncture économique du pays, il ne fait pas de doute que celui-ci va rester moteur. "L'urbanisation en Chine se poursuit. Entre maintenant et 2030. Tous les ans, 9 millions de personnes habiteront dans les ville", a souligné jeudi Stanislas de Gramont. Une tendance loin d’être anodine alors que la pénétration de l’électroménager est d’ "environ quatre appareils par foyer en zone rurale, contre plutôt 13 en zone urbaine", a-t-il observé.

A côté de cette tendance démographique structurelle, Seb compte bien poursuivre sa politique d’innovation dont dépend sa capacité à gagner des parts de marché. Avec près d’un tiers du chiffre d’affaires constitué de nouveaux produits, l’objectif est " renouveler notre offre dans notre cinquantaine de catégories de produits", qu’il s’agisse d’ "un certain nombre d'innovations de rupture sur de nouveaux segments" ou "de produits haut de gamme différenciants", a également expliqué le dirigeant.

Et cette trajectoire de croissance dans laquelle s’inscrit l’entreprise ne se fera certainement pas au détriment de la rentabilité. Tandis que l’objectif de marge de 10% affiché pour 2024 s’établit au niveau des records de 2019 et 2021, l’ambition est de la porter à 11% à moyen terme.

 

Croissance externe

 

De fait, Seb a non seulement traversé toutes les crises économiques, monétaires et, désormais sanitaire, adaptant ses structures, son outil de production, ses investissements moteurs pour limiter l’impact de la contraction des ventes. Mais aussi, hors Covid et le cas particulier de 2022, le groupe "parvient à faire progresser son résultat opérationnel d’activité chaque année indépendamment d’effets matières premières et devises régulièrement pénalisants, en mettant en œuvre une optimisation permanente de sa productivité industrielle et des achats", soulignent les analystes de TP Icap Midcap.

Et cette gestion très solide donne logiquement aussi donner de très bons résultats dans le domaine de l’équipement professionnel. Un marché de 15 milliards d’euros, en croissance de 5% à 10% par an, offrant une rentabilité de plus de 15%, sur lequel le groupe a souligné jeudi son ambition de "devenir un acteur de référence ".

Disposant déjà d’une offre professionnelle complète en café, il a aussi réalisé les acquisitions du spécialiste espagnol des machines automatiques d’extraction de jus de fruits Zummo ou du fabricant suisse d’appareil culinaire Pacojet, entre autres. Et sa situation financière saine (avec un ratio de dette nette sur excédent brut d’exploitation devant revenir à moins de deux fois fin) lui donne les marges de manœuvre nécessaire pour poursuivre cette croissance externe. Et cette puissance de feu, alimentée par une solide génération de trésorerie, est donc à même de bonifier les objectifs de moyen terme que le groupe vient tout juste d’annoncer.

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