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SoLocal : la tension est à son comble
A quelques heures de l’assemblée générale de SoLocal, les choses sont loin de s’être calmées. Hier en fin de journée, le tribunal de Nanterre a débouté Didier Calmels de sa demande en référé d’annulation de la réunion de ce soir. Il a même été condamné à payer 15.000 euros au titre de l’article 700, soit le remboursement des frais d’avocat de SoLocal. Dans la foulée, hier soir, le même Didier Calmels envoyait une liste de 10 questions qu’il allait poser ce jeudi, concernant les conséquences du plan pour le groupe et ses salariés, l’arrivée hypothétique d’un investisseur et la menace de redressement judiciaire ainsi que la possibilité d’un projet de reprise par le directeur général Jean-Pierre Remy si le plan n’est pas adopté. Autant de questions, qui cristalliseront surement encore plus la tension qui ne cesse de monter d’heure en heure.
De leur côté, les créanciers continuent eux aussi à s’agiter. Ils ont en effet annoncé hier soir avoir approuvé aux deux tiers, l’accélération de l’intégralité de la dette du groupe, soit 835 millions d’euros. Autrement dit, les créanciers ont demandé et notifié à SoLocal l’exigibilité immédiate de la dette. Cette demande accélérée de remboursement repose sur plusieurs cas de défauts, dont ceux de ne pas avoir honoré les derniers covenants (au 30 juin et au 30 septembre) et le refus d’approbation du plan présenté ce soir. Autrement dit, la dette sera exigible dès demain matin si le plan de restructuration n’est pas voté par les actionnaires. SoLocal a pris acte et prendra les mesures qui s’imposent en cas de rejet du plan « et compte tenu de cette notification, pourrait envisager l’ouverture de procédures collectives selon des modalités qui ne sont pas encore déterminées » note-t-elle. Mais Didier Calmels, procédurier dans l’âme, a demandé à ses avocats de plancher sur cette question, considérant ainsi que la procédure de mise en redressement judiciaire ne peut être prise que par un juge. Le lancement accéléré de la part des créanciers serait donc illégal et ce pour trois raisons selon lui. Ainsi, la décision d'exigibilité de la dette dépend du Tribunal de Commerce ; par ailleurs, il faudrait que Solocal Group soit en état de cessation de paiement, ce qui n’est pas le cas, le groupe ayant encore un résultat et de la trésorerie. Enfin, le fait de rendre la dette exigible en cas de changement au conseil d’administration, prévu dans les covenants, serait illégal. Un point qui risque d'ailleurs de refaire surface ce soir avec les résolutions pour remplacer certains administrateurs.
Dans un communiqué daté d’hier, SoLocal a aussi fait le point sur les derniers franchissements de seuils. Du côté des dissidents, Benjamin Jayet, agissant de concert avec notamment Didier Calmels et l’association d’actionnaires dissidents Actionnaires de Solocal Group, ont atteint les 10,007% des droits de vote. A noter que Philippe Besnard, frondeur de la première heure et candidat malheureux à un poste d'administrateur lors de la dernière AG, ne détient plus de titres. Du côté des soutiens au plan, RegroupementPPLocal a passé le seuil de 4% des droits de vote alors que Boussard & Gavaudan dispose de 2,24%. D’ailleurs, il faut noter que Boussard & Gavaudan, tout comme DNCA sont aussi des créanciers de SoLocal. Une question se pose alors et qui faisait d’ailleurs partie des questionnements des frondeurs de la première heure, avant l’AG du 19 octobre : n’y a-t-il pas conflit d’intérêts en étant à la fois actionnaire et créancier ? Ces derniers ont en effet tout intérêt à être actionnaires et peser dans la balance pour un vote positif du plan de restructuration.
En coulisse, les esprits sont loin d’être sereins chez SoLocal. Les négociations avec les différentes parties continuent, même à quelques heures de la réunion des actionnaires. Rappelons que pour faire rejeter le plan ce soir, il faut que 33% du quorum votent contre. Tout est donc toujours possible. « Les opposants peuvent tuer la société ! Mais ce n’est pas encore fait », soulignait ce matin un observateur. Fin du suspense ce soir. En attendant, le groupe a suspendu la cotation du titre à partir d’aujourd’hui 15 h jusqu’à lundi matin.
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