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Les micro-entreprises poursuivent leur montée en puissance / Des avantages comptables, un effet Covid et une tendance à la sophistication
L’année 2022 aura peut être été empreinte de faillites pour les micro-entreprises, cela n’aura pas découragé leur dynamique sur la période pour autant. Elles ont, en effet, représenté 60 % du million d’entreprises créées en 2022, rapportent les statistiques de l’Insee. Ce qui relève d’une tendance de fond : sur les dix dernières années, la fondation d’entreprises individuelles sous le régime du micro-entrepreneur s’est en moyenne appréciée de 9 %, d’après les données de Bpifrance. Soit 3 points de plus que la moyenne de 6 % de créations de sociétés depuis 2012.
A cela, plusieurs explications : il y a d’abord un avantage comptable a choisir de créer une micro-entreprise (plutôt qu’une entreprise individuelle, qui repose pourtant sur le même principe que le dirigeant et que la société ne forme qu’une seule et même entité) explique Pascal Ferron, vice-président du réseau de cabinets d’expert-comptable, d’audit et de conseil Walter. En effet, le seuil de chiffre d’affaires permettant d’accéder à un régime fiscal simplifié a doublé depuis le 1er janvier 2018. Il s’élève désormais à 176 200 euros de recettes annuelles pour les activités de ventes de marchandises, de vente à consommer et de fourniture de logement et à 72 600 euros pour les prestations de services relevant des bénéfices industriels et commerciaux ou non commerciaux.
Mais, poursuit Pascal Ferron, ce relèvement de seuil ne constitue par la seule justification de la popularité des micro-entreprises : "La crise du Covid a sans nul doute été un déclencheur psychologique pour nombre de Français : entre ceux qui, en arrêt forcé, ont été obligés de trouver de nouvelles ressources en eux et se sont découverts de nouveaux talents et d’autres qui avaient, au fond d’eux-mêmes, envie de changer de voie mais qui n’osaient pas, la voie du micro-entrepreneuriat s’est révélée être un tremplin vers une nouvelle vie", explique-t-il.
Et du fait de cette solide montée en puissance qui ne se dément pas depuis plusieurs années, les micro-entreprises se sophistiquent. En 2022, ce sont ainsi les activités scientifiques, techniques, de construction et de commerce de détail qui ont concentré 35 % des immatriculations de l’année, selon les données de l’Insee. "Ces chiffres cassent totalement l’idée reçue selon laquelle la micro-entreprise, ce serait principalement pour les coursiers, une ubérisation des métiers… […] La preuve en est que 133 200 micro-entreprises créées [en 2022] le sont dans les activités "spécialisées, scientifiques et techniques", d’après les chiffres de l’institut national de statistiques, ajoute Pascal Ferron.
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