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Chute du pétrole, bonne et mauvaise nouvelle pour la Chine
Le baril de Brent s’est stabilisé autour de 70 dollars depuis quelques jours, après être brièvement passé sous ce seuil aux lendemains de la réunion de l’OPEP, où les producteurs ont décidé de ne pas abaisser les plafonds de production. La Chine, à la fois premier importateur d’or noir au monde mais également quatrième exportateur, derrière l’Arabie Saoudite, la Russie et les Etats-Unis, se retrouve donc dans une situation de bénéficiaire mais également de victime.
Les importations de pétrole du pays progressent en effet à un rythme plus rapide que la production des raffineries, ce qui signifie que le pays devrait accumuler d’importants stocks dans les prochains mois ; ainsi la semaine dernière, les autorités ont donné pour la première fois une estimation de leur stock d’or noir, qui représentent donc 91 millions de barils répartis dans quatre endroits différents. La chute des cours est donc à première vue une aubaine pour le pays, qui voit le coût de ses importations réduites et son stock augmenter, lui offrant ainsi une plus grande sécurité énergétique.
Mais le tableau est plus nuancé : parmi les principaux fournisseur d'or noir, la Chine a produit l’an dernier 4,45 millions de barils de brut par jour et son exploitation est même plus intensive que les grands pays de l’OPEP. Le pays a accru sa production de 750 000 barils par jour sur les dix dernières années, sachant que dans le même temps, sa consommation a atteint 3,7 millions par jour. Cette baisse du prix de l’or noir n’est pas sans poser problème aux différentes provinces productrices de pétrole. Les gouvernements régionaux des provinces où la production est intense peinent à boucler leurs budgets. Plus contrariante encore, la chute des prix de l’or noir risque également de créer un cercle vicieux dans le système de prêts régional, les gouvernements locaux se retrouvant à court de ressources pour assurer certaines de leurs dépenses de base. Ainsi, dans la région de Heilongjiang, au nord du pays, où se trouve l’un des plus gros champs pétroliers chinois, certains professeurs ne sont plus payés et le PIB de la région n’a progressé que de 5,2% depuis le début de l’année, contre une moyenne 7,4% dans le pays.
La baisse des coûts de l'énergie a cependant permis aux dirigeants de réfléchir à une réorganisation du système de fiscalité des usines de raffinerie de la côte. Restructurer les impôts au moment où les prix sont au plus bas rend les changements moins brutaux et douloureux pour les exploitations de pétrole. Les provinces productrices pourraient donc décider d’augmenter les niveaux de taxe sur les raffineries et sur les mines de charbon (le prix du charbon a lui aussi atteint des niveaux planchers), afin de remplir leurs caisses et financer des politiques de grands travaux destinées à soutenir l’économie, estiment les analystes.
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