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Publicis contre publiquement une attaque anonyme
Voilà le genre de communiqué que Publicis, et n’importe quel autre grand groupe du CAC 40 ou de la cote, n’a pas l’habitude d’envoyer. Pourtant, face au risque de fausses rumeurs, le groupe de communication a préféré prendre les devants : mardi soir, il a indiqué qu’il faisait « l’objet d’une tentative de déstabilisation en raison de la diffusion à ses commissaires aux comptes et à certains analystes financiers d’un courrier anonyme qui affirme que Publicis aurait surévalué sa croissance organique en 2016 et 2017 par une application anticipée de la norme comptable IFRS 15 ». Le groupe dirigé par Arthur Sadoun depuis l’été dernier « conteste formellement ces accusations » et explique que son auteur fait une erreur d’interprétation des textes, « dans l’unique but de jeter un trouble sur la réalité des chiffres » du groupe.
Le groupe ne précise pas la date de cette missive, et se contente d’indiquer qu’il a saisi l’AMF et se réserve le droit de donner des suites judiciaires à cet événement. Cet effort de transparence est essentiel pour un groupe qui capitalise plus de 13 milliards d’euros à la Bourse de Paris, et pourrait corriger sévèrement sur de simples rumeurs infondées. Le titre était la deuxième plus forte baisse du CAC 40 derrière Carrefour ce mardi, mais a seulement clôturé en baisse de 1,17% et reste en hausse de 4% depuis le début de l’année.
La croissance organique est un critère très important dans le secteur de la communication, où les grands acteurs internationaux cotés comme WPP, Omnicom et Havas se battent pour afficher la meilleure performance de ce type. Publicis a d’ailleurs pâti d’une croissance organique négative à 1,2% en 2016, mais a redressé la barre depuis et affiché une croissance positive à 1,2% au troisième trimestre 2017, alors que ses pairs enchaînaient les profit warnings. Pourtant, les défis notamment liés à la digitalisation sont nombreux, et plusieurs analystes jugent que le groupe ne va pas assez vite face à la concurrence. Invest Securities a ainsi rétrogradé la valeur d’achat à neutre en début d’année, et pointe la concurrence de nouveaux acteurs comme Accenture et l’internalisation de certains budgets média. De son côté, Morgan Stanley a revu sa prévision de croissance organique à 0,7% pour 2017, contre 1% auparavant. Et anticipe également le poids des coûts de restructuration, qui devraient peser sur un autre facteur d’importance, la marge opérationnelle – à 16% contre 16,2% auparavant.
Arthur Sadoun devra donc faire preuve de tout son charisme et sa vision stratégique pour rassurer les investisseurs face à un secteur en profonde mutation. De l’avis des analystes en tout cas, cet énergique quadragénaire a les épaules et l’ambition pour faire de Publicis un groupe proactif dans la transformation de ses métiers.
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