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Macro-économie
La Chine prise au piège de la déflation ?
Si les places boursières chinoises ont repris quelques couleurs le mois dernier après l’effondrement spectaculaire de l’été, les données macros d’octobre sont pourtant loin d’être encourageantes. Ainsi, les volumes de nouveaux prêts ont largement déçu les attentes, puisqu’ils n’ont progressé que de 514 milliards de yuans alors que les analystes anticipaient une hausse de 800 milliards, au moins. Un chiffre qui remet en cause le mécanisme de transmission de la politique monétaire de la banque centrale chinoise, alors que celle-ci a pourtant mis en place des mesures d’assouplissement très importantes (six baisses de ses taux directeurs depuis un an, baisse de ses réserves obligatoires…).
Le ralentissement des investissements dans le secteur immobilier et dans l’industrie risquent de plonger le pays dans la déflation, la politique monétaire ne permettant pas de relancer la demande. La diminution du volume de nouveaux prêts résulte également de la volonté des banques d’assainir leurs bilans, un processus qui devrait se poursuivre dans les prochains mois, selon les analystes de Natixis. Seule donnée positive d’octobre, la forte hausse de la monnaie en circulation et des dépôts à vue (+14% en octobre), qui résulte de la décision de la banque centrale de stériliser plus que de mesure ses opérations de change.
Dans ce contexte, la PBoC devrait de nouveau couper le taux de réserves obligatoires de 50 points de base, selon les anticipations de Natixis, pour faciliter encore davantage les conditions de liquidités pour les banques et sur le marché monétaire. « Nous pensons que l’économie chinoise devrait décélérer au quatrième trimestre », explique Trinh D.Nguyen, économiste senior chez Natixis. Si les services se reprennent dans le pays, ils ne permettront pas de compenser l’immense mouvement déflationniste issu d’un secteur industriel sous pression et en surcapacités et d'une demande en baisse. Sachant que la force de la devise ne permet pas au pays de contrebalancer le recul de sa demande interne, via une hausse des exportations. Tout ceci explique pourquoi les autorités chinoises ont annoncé lors du plénum du parti la semaine dernière, un programme d'urbanisation ciblé sur trois ans, qui constitue en fait une forme de plan de relance sans en porter le nom. Preuve que le gouvernement souhaite à tous prix éviter un ralentissement trop important de l'économie du pays.
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