Entreprises / Actions / Actualité des sociétés
Entreprises / Actions
Actualité des sociétés
L'APE est aujourd'hui à la tête d'un portefeuille de 80 milliards d'euros
Auditionné ce matin par la Commission des Finances du Sénat, David Azéma, à la tête de l’Agence des participations de l’Etat (APE) depuis septembre 2012, a fait le point sur plusieurs sujets chauds. Il a d’abord mis un point final aux rumeurs le voyant déjà arriver à la tête de Véolia. S’il a reconnu être un agent public et que sa vocation était de retourner si possible en entreprise, il a précisé qu’il n’avait pas déposé de dossier à la Commission de déontologie, pour la bonne raison qu’il n’était pas candidat pour succéder à Antoine Frérot, dont le mandat arrive à échéance en avril prochain.
Il a, par ailleurs, fait remarquer qu’à son arrivée, le portefeuille des participations cotées de l’Etat représentait une valeur boursière de 60 milliards d’euros. Aujourd’hui, ce portefeuille vaut un peu plus de 80 milliards d’euros, y compris après la cession pour 3 milliards d’euros l’an passé de plusieurs paquets de titres, dont ceux de Safran, Airbus ou ADP. Il est à la manœuvre depuis son arrivée pour faire « respirer » ces actifs, l’Etat ayant un besoin impérieux de cash. Il entend bien continuer sur cette lancée et ce, d’autant plus qu’il estime que dans le cas de certaines entreprises, le contrôle de l’Etat ne s’impose pas forcément.
Concernant le dossier Peugeot, pour lui, les trois futurs gros actionnaires (l'Etat, Dongfeng et les Peugeot) n'ont pas vocation à agir toujours de concert pour prendre des décisions au sein du conseil de surveillance."Nous ne sommes engagés en rien à nous concerter et à nous mettre d'accord" entre la famille Peugeot, actionnaire historique du constructeur automobile français, l'État français et le groupe chinois Dongfeng. "Vous allez avoir une société qui est véritablement non co-contrôlée, dans laquelle vous n'avez pas de concert de contrôle mais trois actionnaires de poids qui ne seront pas nécessairement d'accord sur tout". Propos qui vient en réponse à la lettre envoyée il y a quelques semaines par Colette Neuville à Thierry Peugeot, laquelle se demandait si les trois futurs actionnaires n'allaient pas agir de concert, auquel cas, ils se devaient de lancer une OPA sur PSA.
La patron de l'APE se dit, par ailleurs, très soucieux des règles de bonne gouvernance vis-à-vis du code Afep-Medef mais aussi de l’AMF. Ainsi fait-il très attention lorsque différentes émanations publiques (CDC, bpfrance, etc..) se retrouvent ensemble au capital d’une société, à ce que les franchissements de seuils soient respectés. Il reconnaît qu’il y a encore des progrès à faire du côté de la mixité des conseils d’administration des sociétés dans lesquelles il est actionnaire, et qu’il se montre très vigilant du côté des rémunérations des dirigeants. Contrôle qu’il peut facilement faire lorsque l’Etat est majoritaire, mais avec moins d’acuité lorsqu’il est minoritaire. Il a, enfin, botté en touche concernant le dossier SNCM, se bornant à dire que la société connaissait une situation financière très difficile, situation aggravée par Bruxelles. Les différentes tentatives pour renflouer l’entreprise ont jusqu’à présent échoué.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

