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Le coût de la main d'oeuvre progresse moins vite en France qu'en Europe
Le risque de déflation s’éloigne pour les pays européens. Plusieurs indicateurs favorables à une hausse de l’inflation montrent des progressions de plus en plus importantes confirmant la remontée des prix. Ainsi, les coûts horaires de la main-d’œuvre ont augmenté de 1,5% dans la zone euro (19 pays) et de 1,9% dans l’Union européenne (28 pays) au troisième trimestre 2016, par rapport au même trimestre de l’année précédente, vient de révéler l’office de statistiques de l’Union européenne. Au second trimestre, la hausse en rythme annuel était de seulement 1% pour la zone euro et de 1,4% pour l’Union européenne. C’est en Roumanie (+14,7%), en République tchèque (+9%) et Bulgarie (+8,4%) que la progression est la plus importante comme c’est le cas depuis de nombreux mois d’ailleurs. Seuls la Croatie (-5,5%), l'île de Malte (-2,1%) et l’Italie (-0,5%) connaissent une réduction du coût de leur main d’œuvre.
Dans ce contexte, comme il y a un an à la même époque, la France est passée sous la moyenne européenne. En effet, la hausse du coût de la main d’œuvre au troisième trimestre est restée inchangée à celle du second trimestre, à 1,4%. Dans le détail, ce sont les coûts non salariaux qui ont ralenti avec une progression de 1,1% cet été contre 1,4% au printemps dernier, quand les coûts salariaux ont, eux, légèrement accéléré à 1,5% contre 1,4% trois mois auparavant. Au second semestre 2016, l’économie française s’affiche donc un petit peu plus compétitive qu’au premier semestre. En effet, 18 pays européens affichent une progression du coût de la main d’œuvre plus importante : Pologne (+4,9%), Portugal (+3,6%), Allemagne (+2,5%), Pays-Bas (+1,8%)... Reste à voir l’impact de la revalorisation du SMIC à 11 euros nets à partir du 1er janvier prochain.
Dans le détail, les coûts horaires de la main d’œuvre dans la zone euro ont progressé de 1,7% dans l’industrie, de 2,% dans le secteur de la construction, de 1,2% dans les services et de 1,8% dans l’économie principalement non-marchande. Pour la France, ils ont avancé respectivement de 1,2%, 3,2%, 1,3% et 1,4%. Ces chiffres ressemblent aux tendances dégagées au fil des trimestres de 2015. Seul le secteur de la construction affiche un emballement de ses coûts de main d’œuvre. En effet, au troisième trimestre 2015, ils n’avaient avancé que de +0,2%. Ce sont notamment les coûts non salariaux qui flambent avec une progression en rythme annuel de 5% !
Ces chiffres français contrastent avec ceux de l’Allemagne par exemple. Outre-rhin, le coût de la main d’œuvre avance dans une dynamique plus homogène : +2,7% (industrie), 3,5% (construction), 1,9% (services) et 2,8% (économie non marchande). C’est encore plus vrai en Italie où la baisse des coûts est presque uniforme avec un recul respectif de -0,7%, -0,2% , -0,2% et -0,7% des salaires horaires.
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