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Plastic Omnium : grand beau temps à l'horizon
Un signe de plus dans le redressement du secteur automobile, après un premier semestre plombé par la pandémie et le confinement : Plastic Omnium a relevé ses objectifs financiers pour le second semestre 2020 et annoncé des perspectives favorables pour 2021. Ce ne serait pas surprenant si l'information ne venait pas d'un équipementier automobile qui semblait avoir moins tiré son épingle du jeu au troisième trimestre que bien des acteurs du secteur : il avait déçu les analystes et les investisseurs.
Ce matin, à l'occasion d'une journée sur ses projets dans l'hydrogène, Plastic Omnium a annoncé qu'il visait désormais une marge opérationnelle supérieure à 5 % au second semestre (contre 4 % dans son estimation précédente) et pensait pouvoir dégager un flux de trésorerie disponible de 400 millions d'euros, contre 250 millions jusqu'ici. Enfin, il anticipe un retour dès 2021 à des niveaux de rentabilité et de génération de trésorerie comparables à ceux de 2019. "Ceci implique une marge opérationnelle de 6 %, contre 5 % attendus par le consensus", calculent les analystes d'UBS.
L'équipementier attribue ces améliorations à un rebond de la demande d'automobiles et, de ce fait, un niveau de commandes, supérieur à ce qu'il attendait, ainsi qu'à l'efficacité de ses mesures de réduction des coûts décidées au plus fort de la crise sanitaire. "Le groupe a mis en place rapidement toutes les mesures nécessaires pour adapter sa structure de coûts et pour préserver sa trésorerie : ces mesures ont permis de faire face à une production automobile en baisse de 33 % au 1er semestre 2020 et de bénéficier au second semestre d'un redressement plus rapide qu'anticipé de la production automobile mondiale, en retrait estimé d'environ 3 % (contre -10 % à -15 % initialement attendus)", explique-t-il.
Ces annonces ont ravi les investisseurs. L'action Plastic Omnium a bondi de près de 18 % juste après l'ouverture, pour s'adjuger encore 7,3 % peu avant midi, à 28,30 euros. Il a plus que doublé depuis son point bas de cette année, atteint début avril (12,20 euros) et affiche une hausse de plus de 12 % depuis le 1er janvier - effaçant ainsi toutes les pertes liées à la crise sanitaire.
Être le champion mondial de l'hydrogène
Le redressement est de bon augure pour Plastic Omnium, qui s'est engagé dans un programme d'investissement d'envergure dans la "mobilité hydrogène", qu'il détaille aujourd'hui. Sa volonté : participer à la transition énergétique en développant une "technologie de pointe et une capacité de production sur tous les segments de la chaîne de valeur de l'hydrogène". Le groupe indique avoir déjà déployé 315 millions d'euros depuis 2015 dans la pile à combustible, entre acquisitions et investissements, et compte investir 100 millions d'euros de plus "dans les prochaines années", notamment dans un pôle hydrogène dans son centre de R&D Alphatech, à Compiègne. Il a acquis Optimum CPV (dans les réservoirs à hydrogène) et Swiss Hydrogen (qui conçoit un système hydrogène intégré), a créé une société commune, EKPO Fuel Cell Technologies avec l'allemand ElringKlinger, tout en acquérant la filiale autrichienne de ce dernier spécialisée dans le système hydrogène intégré.
Plastic Omnium n'a pas caché ses ambitions mondiales dans le domaine : il vise, en 2030, 25 % de parts de marché dans les réservoirs, entre 10 et 15 % dans la pile à combustible et 10 % dans le système hydrogène intégré. De tels objectifs passent une indispensable réduction des coûts de développement et de fabrication, pour une technologie aujourd'hui encore très onéreuse. PO vise ainsi une baisse de 30 % dans les réservoirs et de division par 5 dans la pile et le système hydrogène, pour aboutir à un coût total compris entre 6 000 et 8 000 euros en 2030. Ce qui devrait rendre cette technologie "accessible à un marché de masse".
À cet horizon, l'équipementier vise un chiffre d'affaires de 3 milliards d'euros sur un marché qu'il estime à au moins deux millions de véhicules, dont 1,5 million de voitures particulières et 75 % en Asie. Il qualifie la croissance de ce marché d'"exponentielle" : il pense dégager un revenu de 300 millions euros en 2025.
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