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Eurazeo et AccorHotels resserrent leurs liens dans l’investissement hôtelier
Dans des marchés aussi houleux, l’heure n’est pas aux prises de risques insensées, et Eurazeo l’a bien compris. C’est la raison pour laquelle il a choisi de conclure un deal avec sa participation Accor, qui lui permet de s’installer dans la gestion hôtelière, une activité plus résiliente en temps de crise. Le holding d’investissement va ainsi racheter 85 fonds de commerce et murs d’hôtels économiques et milieu de gamme au groupe hôtelier pour une valeur totale de 504 millions d’euros, dont seulement 150 millions de fonds propres déboursés par sa filiale immobilière, Eurazeo Patrimoine. Par ailleurs, l’opération permet de créer une plateforme de gestion immobilière, détenue à hauteur de 70% par Eurazeo Patrimoine et 30% par Accor, qui « pourrait rapidement s’ouvrir à un nouvel investisseur institutionnel ».
L’opération est une façon intelligente pour Eurazeo, qui a engrangé des capitaux avec des sorties favorables en 2015, de déployer son cash à un moment où les prix sont particulièrement élevés, et surtout les conditions de marché peu favorables à des investissements. Le groupe disposait de 1 milliard d’euros de trésorerie disponible et ne va avoir à débourser que 150 millions pour cet investissement. Qui ne devrait pas poser problème, dans un métier stable où les loyers tombent de manière récurrente. Enfin, Eurazeo s’offre une plateforme d’investissement pérenne dans ce segment récurrent, à l’heure où les investisseurs pourraient avoir à subir un essoufflement de croissance dans leurs participations.
Du côté d’AccorHotels, qui est entré dans le Top 5 mondial du luxe avec l’acquisition de FRHI (Fairmont, Raffles, Swissotel) pour 2,9 milliards de dollars, l’opération est également l’opportunité de dégager du cash sur son portefeuille immobilier, en particulier sur le segment économique et milieu de gamme, tout en restant actionnaire minoritaire de ses murs et fonds de commerce, sur une plateforme où officieront une partie de ses équipes. Le groupe acte ainsi « la transformation d’HotelInvest » que Sébastien Bazin avait mentionnée à l’automne, lorsque des rumeurs avaient parlé de la création d’une mini-foncière. Cette opération devrait plaire au marché, qui a dévissé de 18% depuis les attentats de mi-novembre, et rassurer les investisseurs sur la capacité du groupe dirigé par l’ancien homme fort de Colony à financer son deal américain, tout en gardant les moyens de sa croissance future.
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