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Elections US: les CFO résignés à la nomination de Trump côté républicain

Un sondage récent a révélé que 66% des CFO américains s'attendaient à une nomination du milliardaire à l'issue de la primaire républicaine. Une société d'investissement estime de son côté que le S&P 500 perdrait 50% en cas de victoire de Trump.

Qui l'aurait cru il y a encore quelques semaines? Donald Trump paraît plus que jamais incontournable dans la course républicaine à la Maison Blanche. Lors du second Super Tuesday qui s'est tenu hier aux Etats-Unis, le milliardaire provocateur a encore une fois raflé l'essentiel de la mise. Il a emporté quatre des cinq Etats en jeu, à savoir l'Illinois, la Caroline du Nord le Missouri et surtout la Floride, qui lui apporte à elle seule 99 délégués. Cet Etat était symbolique puisqu'il est le territoire du sénateur Marco Rubio, qui s'est retiré de la course après cet échec. Il n'a concédé l'Ohio qu'à l'opiniâtre John Kasich, qui selon le principe du "winner takes it all" a récupéré 66 délégués pour sa première victoire. Si ce dernier n'a quasiment aucune chance de venir concurrencer Donald Trump et d'obtenir la nomination, il a redonné l'espoir d'une bataille dans le camp républicain.

Les directeurs financiers américains, s'ils regardent les sorties de Donald Trump d'un oeil circonspect malgré ses promesses de baisses d'impôts sur les sociétés, anticipent de leur côté une victoire inéluctable du républicain à la primaire républicaine. Selon un sondage CNBC CFO Global Council réalisé début avril et publié le 10 mars, 66,7% des directeurs financiers américains misent désormais sur une nomination de Donald Trump à la primaire républicaine. Ils n'étaient que 15,4% à le penser en décembre dernier et même zéro en août 2015! Ils étaient 57,7% à penser que Marco Rubio allait l'emporter il y a seulement trois mois, ce qui montre l'ampleur de la déconfiture du sénateur de Floride. Malgré cette ferveur populaire, Donald Trump est loin de faire l'unanimité dans son parti, et nombre de ténors républicains cherchent la parade à cette nomination dans leur camp. Avec la perte de l'Ohio, ce dernier s'éloigne de la possibilité de réunir les 1 237 délégués dont il aurait besoin pour s'assurer la nomination lors du congrès du parti républicain, en juillet. Si tel était le cas, le parti pourrait décider de lui faire l'affront de désigner un autre candidat. A cet égard, Paul Ryan, porte-parole républicain à la Chambre des Représentants, n'a pas indiqué qu'il refuserait une nomination si son camp était divisé sur la question du candidat à la Maison-Blanche.

Selon la société d'investissement Wedbush, une victoire de Donald Trump serait en tout cas catastrophique pour le marché actions, qui pourrait perdre jusqu'à 50% en raison des mesures draconiennes préconisées par le candidat. Ses propositions de coupes fiscales reviendraient ainsi à 11 000 milliards de dollars de revenus fiscaux en moins sur une décennie, soit 8 à 9 points de PIB. Son programme de déportation en masse coûterait de son côté 300 à 400 milliards de dollars puisqu'il aurait pour impact une hausse des salaires liée à la réduction de la main d'oeuvre disponible, et des prix plus élevés pour les consommateurs. Enfin, les taxations des importations chinoises qu'il envisage seraient aussi très coûteuses et peu efficaces. Comme le rappelle Wedbush, la production de pneus locaux avait coûté 1 milliard de dollars supplémentaires à l'administration Obama et n'avait permis de sauver que 1 200 emplois.

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