Professions financières
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Le vent d’optimisme des patrons de Wall Street
Après des semaines de discours apocalyptiques et de statistiques historiquement catastrophiques, le ton prudemment optimiste adopté par les patrons des banques de Wall Street, à l’occasion d’une conférence virtuelle à New York, a été applaudi en Bourse. Tout d’abord, de la part de JP Morgan : le patron de la banque d’investissement, Daniel Pinto, a estimé que les revenus issus du trading étaient en bonne voie pour bondir de 50 % sur un an au deuxième trimestre, grâce au dynamisme de ses activités actions et fixed income. Si les commissions devraient progresser de 15 à 20 %, les fusions-acquisitions pourraient en revanche marquer le pas, dans un contexte difficile de confinement, et ressortir en baisse de 15 à 20%. Néanmoins, après les volumes exceptionnels connus en mars et avril, les marchés sont revenus à des niveaux normaux et devraient finir l’année stables.
De son côté, le CEO Jamie Dimon a adopté un discours plus large, et s’est montré plutôt confiant sur le scénario de base envisagé par la banque : "le gouvernement a été réactif, la Fed aussi. Les grandes sociétés ont beaucoup de ressources, et nous espérons garder les petites en vie assez longtemps pour qu’elles reprennent leur activité". Le dirigeant a jugé que la valorisation de la banque était attractive, ce qui a fait bondir le titre de 13 % en deux jours.
Mais celui qui a vécu la précédente crise Lehman reste prudent : "je n’essaie pas de prévoir le point bas. Vous ne pouvez pas être une banque et être immunisée sur ce qui se passe dans le monde". Il a néanmoins jugé qu’une reprise rapide au second semestre était probable, grâce à l’action de la Fed qui porte les marchés à l’heure actuelle. Mais que la banque devrait allouer "environ" les mêmes niveaux de provisions pour risques de crédit au prochain trimestre (elles avaient atteint 8,3 milliards de dollars au premier trimestre). Et estimé que la banque y verrait plus clair à partir de là, car les faillites et défauts hypothécaires causés par la crise auront véritablement eu lieu.
Un point bas que le CEO de Bank of America, Brian Moynihan, a de son côté constaté. Il a jugé que l’économie était en train de "sortir du tunnel" et "des profondeurs où nous étions en avril". Car si le chômage a grimpé à des niveaux historiques, les consommateurs ont bénéficié du soutien fédéral, avec le chèque versé aux Américains, et des allocations chômage améliorées. Mais aussi l’ampleur des gestes de la Fed : "la vraie différence est le montant du soutien qui est entré dans l’économie". Avec un chiffre à la clé : les comptes des Américains inférieurs à 5.000 dollars ont 30 à 40 % d’argent de plus qu’il y a trois mois. Enfin, Brian Moynihan s’est aussi montré optimiste sur le niveau de trading du deuxième trimestre, qui devrait grimper de près de 10 % sur un an, avec une baisse des actions et une hausse du fixed income, avec le ralentissement de la volatilité. Les revenus de la banque d’investissement pourraient progresser de 10 % au Q2, contre une baisse de 11 % au premier trimestre.
Malgré l’ampleur de cette crise historique, les deux dirigeants ont réitéré leur volonté de verser un dividende, jugeant qu’ils continuaient à gagner assez d’argent pour le faire sans dégrader leurs niveaux de capitaux.
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