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The Kooples: la mode, plus que jamais convoitée par le private equity
A peine un mois après avoir finalisé l’acquisition de la marque IKKS, LBO France se prépare à se séparer d’un de ses actifs phare de la mode, The Kooples, et a mandaté la banque d’affaires californienne Sage, spécialiste du secteur, pour l’épauler dans le process. Le fonds dirigé par Robert Daussun avait pris une part de 20% dans cette maison de basiques dédiés aux couples en 2011, pour une valorisation de 250 millions d’euros et a ensuite accompagné son développement, en France comme à l’international. Le chiffre d’affaires a grimpé de 120 millions d’euros en 2011 à environ 220 millions d’euros sur l’exercice en cours qui clôture à fin août, pour un Ebitda de 38 millions d’euros.
Cela est dû à un programme actif d’ouvertures de magasins, en France et à l’international. Alors que la maison de mode n’était présente qu’au Royaume-Uni lors de l’entrée de LBO France, elle a depuis ouvert des boutiques dans 30 pays et mise aujourd’hui son énergie sur les Etats-Unis. Après s’être fait une place dans les grands magasins type Macy’s et Bloomingdale’s, elle a inauguré cinq points de vente en propre, entre cote Est et Ouest, depuis le début de l’année et prévoit d’en ouvrir 35 nouveaux dans les quatre ans. Une stratégie qui diverge des partenariats locaux habituellement utilisés par les groupes de prêt-à-porter pour s’introduire dans de nouveaux territoires.
Si elle n’a pas encore atteint sa taille, la marque qui s’est fait connaître pour ses campagnes de publicité mettant en scène des couples modernes rappelle le succès fulgurant de Sandro Maje. Après seulement deux ans et demi en portefeuille, L Capital (fonds de la galaxie LVMH) et Florac (holding de la famille Dreyfus) avaient revendu la société à KKR pour 650 millions d’euros, soit 11 fois son Ebitda, au printemps 2013. A ce niveau de multiple, The Kooples pourrait être valorisé plus de 400 millions d’euros.
Les prétendants ne manqueraient pas pour cet actif, qui réclament certes d’importants cash flows pour ce développement à l’international et de sa deuxième marque, The Kooples Sport. LBO France aurait décidé d’activer une cession après avoir reçu des marques d’intérêt de la part de deux fonds : Permira, qui a enregistré un retour net de 1,2 milliard d’euros grâce à la vente de sa part dans Hugo Boss et Valentino, et a perdu les enchères pour entrer au capital de Roberto Cavalli. Et General Atlantic, un fonds américain également actionnaire d’Airbnb et Uber. Un signe qui ne trompe pas sur la notoriété que la marque a déjà acquise en peu de temps au pays de l’Oncle Sam. Par ailleurs, L Capital, qui a pris pied dans BaSh en début d’année, a également montré son activisme dans le secteur en France. Avant lui, Zadig & Voltaire avait cédé 30% de son capital à un autre fonds américain TA Associates, en 2012.
Mais si les success stories existent, elles ne doivent pas faire oublier que le secteur peut enregistrer de sérieuses déconvenues, lorsque des marques phare perdent en popularité. C’est ce qu’a vécu Gérard Darel, racheté par le fonds Advent pour 300 millions d’euros en 2008, qui avait connu le succès avec son sac 24 heures mais n’a pas réussi à se renouveler depuis, et a été placé en redressement judiciaire. En 2008, c’était Morgan, détenu par Apax Partners, qui avait dû se placer en procédure judiciaire en raison de la crise. Le contexte est aujourd’hui bien différent pour The Kooples qui compte sur la manne du marché américain, certes très concurrentiel. La marque American Apparel en fait les frais, qui plonge de 33% en Bourse aujourd'hui sur fond de rumeurs selon lesquelles le groupe serait bientôt à court de liquidités, après avoir pratiqué des ouvertures massives de boutiques. The Kooples devra éviter de reproduire ces erreurs afin d'atteindre son objectif de générer 350 millions d’euros à horizon 2018, dont 100 millions outre-Atlantique.
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