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Grèce : l'ultimatum du FMI fait plonger les bancaires hellènes
Les Grecs ont mis la patience de leurs créanciers à bout. Fini les tentatives de conciliation et les pourparlers sans fin ! Hier soir, le FMI a décidé d'utiliser la pression pour mettre fin à trois mois de tergiversation et prouver aux Grecs qu'il n'était plus possible de repousser sans cesse les négociations. Les créanciers ne céderont pas et les autorités hellènes devront arriver coûte que coûte avec un accord crédible le 18 juin prochain, lors de la rencontre de la dernière chance avec le groupe de Bruxelles. Tel est le message que l'institution internationale a laissé entendre en quittant les négociations.
Le marché hellène a immédiatement encaissé la nouvelle, après avoir connu deux jours de répit. A la mi-journée, la Bourse d'Athènes perdait plus de 3%, les bancaires étant particulièrement affectées. Bank of Piraeus, Alpha Bank ainsi que Euro Bank Ergasias, les trois plus grosses institutions financières du pays, perdaient respectivement près de 9%, 6,3% et 6,2%. Dans le même temps, les obligations grecques se sont tendues, de 34 points de base pour les titres à échéance 2017, pour atteindre 24,3% et de 13 points de base pour les obligations à dix ans, à 11,34%.
Il faut dire que les banques grecques seront les premières à tomber si le pays fait défaut. Sur les 313 milliards d'euros de dette hellène, 39 milliards sont encore détenus par le secteur privé, dont 34 milliards environ par les banques ou assureurs grecs. Le reste est majoritairement détenu par le fonds européen FESF (pour 130 milliards), le FMI possédant de son côté 20 milliards d'euros de titres, tandis que les Etats européens possèdent eux 53 milliards d'obligations du pays, via les prêts bilatéraux accordés tout au début de la crise, il y a cinq ans ! La BCE enfin possède 26 milliards environ d'obligations hellènes acquis lors du programme SMP en 2010 également. "En cas de choc sur la dette grecque, les banques hellènes risquent de ne plus être solvables. Or la liquidité d'urgence accordée par la BCE dépend de la solvabilité des établissements", explique Franck Dixmier, d'Allianz Global Investors. "Le compte à rebours pour le collatéral des banques grecques est lancé."
Après avoir démarré la journée en forte baisse, les Bourses européennes se sont quelque peu reprises et ne perdaient que quelques points à la mi-journée, avec une baisse de 0,08% pour le CAC de même que pour l'indice espagnol Ibex, et -0,06% seulement pour le Dax. Preuve que les marchés sont presque devenus insensibles aux va-et-vient constants entre le gouvernement hellène et les créanciers publics.
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