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La Banque de France veut inciter les épargnants à mieux financer les entreprises
« L’épargne est une de nos premières ressources ; l’investissement des entreprises est un de nos premiers besoins.» C’est ainsi que l’on pourrait résumer l’intervention du gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau mardi lors des 25e Rencontres parlementaires de l’épargne. Alors qu’en France, le taux d’épargne des ménages y est l’un des plus élevés de la zone euro (15,2 % au troisième trimestre 2015), 63 % des patrimoines financiers sont en effet orientés vers des placements sûrs, comme les dépôts bancaires ou l’épargne réglementée.
Pourtant, les entreprises qui investissent dans des projets innovants ont particulièrement besoin de fonds propres, essentiellement via les actions. Or, en France, les fonds propres nets des sociétés non financières représentent 66% du PIB, quand aux Etats-Unis ils représentent… 123%. Les stocks d’épargne pourraient donc être davantage mobilisés, d’autant que « les taux sont bas et le resteront pour un temps significatif ».
Dès lors, le gouverneur se félicite de l’annonce du gouvernement, qui a suivi hier sa recommandation en abaissant les taux des nouveaux PEL à 1,5 %. Mais François Villeroy de Galhau appelle également à poursuivre la baisse des rendements de l’assurance-vie investie en fonds euro.
Pour inciter encore davantage les épargnants à financer les entreprises, il propose également la création de nouveaux produits d’épargne. Les ménages français étant profondément attachés à la protection de leur capital, ces nouveaux produits ne peuvent être trop risqués. Compte tenu de la prolongation de la durée de vie et de l’accroissement des risques liés au grand âge, ces produits pourraient garantir un rendement intéressant à très long terme.
Enfin, le gouverneur a souligné l’indispensable dimension européenne de l’orientation de l’épargne et du financement de l’économie. En évoquant les avancées réalisées sur l’Union bancaire et le projet d’Union des marchés de capitaux, il a ainsi suggéré la création dans la zone euro d’une « Union de financement et d’investissement », qui pourrait être autant bénéfique pour les épargnants que pour les entreprises.
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