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Société Générale / lorenzo bini smaghi
La SocGen se confesse au FT
Dans un contexte économique, financier et réglementaire qu'il faut reconnaître peu favorable, la Société générale avait accusé le coup l'an passé publiant des comptes décevants avec un bénéfice net à 3,9 milliards d'euros et une chute de 50 % du profit de la banque d'investissement au dernier trimestre 2018. Pour reprendre haleine, la banque annonçait un programme de réduction des coûts de 500 millions d'euros pour l'an prochain dans ses métiers d'investissements. Et au début du mois d'avril - donc avec un an d'avance par rapport à ce qui était prévu -, le couperet tombait alors : la suppression de 1 600 postes, dont 1 200 dans la BFI… et 750 en France.
Le président de la Société Générale Lorenzo Bini Smaghi revient sur ces maux, ce matin, dans une interview accordée au Financial Times. Il reconnaît que les mesures ont été prises tardivement, que mieux aurait pu être fait. Il reconnaît que la banque a payé le prix fort de ses hypothèses optimistes lors de l'élaboration du plan triennal à la fin de l'année 2017, qui aura coûté 8 % du total des effectifs de l'unité commerciale. Mais surtout, il choisit désormais de prévenir plutôt que de guérir, annonçant que l'établissement est prêt à procéder à de nouvelles réductions si les conditions de marché continuent de se détériorer.
D'abord, une faute avouée est à moitié pardonnée. Cet élan de franchise est d'ailleurs positivement accueilli par le marché, l'action de la SocGen prenant 0,8 % depuis l'ouverture ce matin. Ensuite, il faut reconnaître que les équipes de la Banque se mobilisent pour que le ciel s'éclaircisse pour tout le monde. Au mois de mai, la situation financière de la SocGen s'est de fait améliorée, le ratio des fonds propres attribuables aux actionnaires ordinaires de catégorie une - qui constitue en soi une mesure de solidité financière - est passé de 11,2 % au dernier trimestre de l'année 2018, à 11,7 %, une progression supérieure aux attentes, saluée par les analystes. SocGen déclarait en parallèle qu'elle se débarrasserait de sa filiale slovène SKB dans le cadre de la restructuration, ce qui lui ferait perdre 67 millions d'euros sur son résultat net en reconnaissance d'une perte en capital. Mais ce qui devrait avoir un effet positif d'environ 7 points de base sur le ratio CET1 et réduire ses en-cours pondérés d'environ 2,3 milliards d'euros.
À ce stade, il n'est en revanche pas question de s'unir face à l'adversité. Lorenzo Bini Smaghi a fait savoir qu'il n'y avait aucune discussion au sujet d'une fusion entre SocGen et UniCredit. Ça tombe bien, Jean-Pierre Mustier, a dit la même chose hier. Il a parlé d'un horizon minimum de deux ans, agissant bien sûr de concert avec le directeur général Frédéric Oudéa qui a de fait qualifié la consolidation bancaire à long terme comme étant sensée, précisant qu'un mariage trop rapide est impensable eu égard aux réglementations nationales sur le capital et la liquidité.
Si une chose est sûre, c'est que la digitalisation, les taux bas et les exigences en capital continueront de peser sur les comptes de la Société Générale, et sur tout le secteur bancaire plus généralement. Mais ce n'est pas sur cela que la Banque s'est faite juger en début d'année. L'opinion a été choquée par un manque de communication évident alors que le danger se savait déjà au plus haut de l'établissement. Et par des prises de décisions tardives provoquant des effets en chaîne majeurs. L'exercice plutôt rare auquel s'est prêté le président révèle manifestement que la Banque a appris de ses récentes erreurs.
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