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Orange poursuit son offensive en Afrique
L'Afrique, c'est « l'autre théâtre d'opérations » d'Orange, affirmait en mai dernier le patron de l’opérateur, Stéphane Richard. Une stratégie on ne peut plus claire, et qui a franchi un nouveau pas ce lundi. L’entreprise révèle en effet ce matin un accord avec l’opérateur luxembourgeois Millicom pour racheter Tigo RDC, sa filiale en République démocratique du Congo (RDC). La somme fixée pour la vente de ses parts : 160 millions de dollars, soit 143,6 millions d'euros.
Avec cet investissement, Orange poursuit son implantation sur un continent particulièrement prometteur pour les télécoms : à eux seuls, les 40 millions d'abonnés de la RDC représentent le plus gros marché mobile d'Afrique centrale et de l'Ouest, juste après le Nigeria.
Une offensive qui s’accélère, mais qui n’est pas nouvelle : l’opérateur français est déjà présent dans une vingtaine de pays d'Afrique et du Moyen-Orient, pour un total de 110 millions de clients. Et les résultats se font déjà sentir : c’est désormais la seule zone de croissance dans le monde pour Orange, qui y a vu son chiffre d’affaires croître de 7 % en un an, à 5,7 milliards d'euros, et prévoit 20% de hausse d'ici à 2018.
Toutefois, des mouvements de consolidation ont déjà débuté, d’où l’intérêt pour Orange de gagner du terrain. A la mi-janvier, l’entreprise signait l’acquisition de deux filiales africaines appartenant au premier opérateur de téléphonie mobile indien, Bharti Airtel, l’une au Burkina Faso et l’autre en Sierra Leone, qui représentent 275 millions d’euros de chiffres d’affaires. Une « stratégie offensive », selon le communiqué d’Orange, qui reste cependant sélective, puisque l’entreprise pourrait se retirer du Kenya, comme elle l’a déjà fait en Ouganda.
Tandis qu’il s’attaque aux nouveaux marchés africains, l’opérateur français continue d’asseoir sa position dans son pays d’origine, avec le rachat de Bouygues Telecom, pour une somme minimum de 10 milliards d’euros. Une transaction qui signerait la fin de la guerre des prix, et donc de meilleures marges : entre 15 et 20 milliards d’euros de création de valeur sur le marché des télécoms sont ainsi prévus par Orange, ajoutés aux économies réalisées par l’opérateur grâce aux synergies de réseaux et commerciales.
Mais l’opération est délicate, et risque déjà de poser problème sur les questions concurrentielles. L’Etat, actionnaire de référence au capital d’Orange, a rappelé sa vigilance sur ce sujet, outre les questions d’emplois. Pour satisfaire l’Autorité de la concurrence, l’entreprise doit donc s’entendre avec les opérateurs concurrents en leur cédant suffisamment d’actifs. Selon « Le Monde », Orange pourrait vendre pour un total de 6 milliards d’euros. Malgré tout, un premier obstacle apparaît : le président du régulateur des Telcom (Arcep), Sébastien Soriano, a exprimé ses réticences au cours d'un entretien au Sénat la semaine dernière. Il craint la mise en place d’un « quasi-duopole », motif qu’il pourrait invoquer pour empêcher le transfert des fréquences entre Orange et Bouygues. Affaire à suivre.
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