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Le marché des LBO européens a tourné au ralenti au premier semestre

Le premier semestre a été moins soutenu que l’an dernier, surtout dans les grosses opérations, le secteur des services étant le plus dynamique. La Grande-Bretagne domine le marché devant la France et l’Italie. Les LBO secondaires ont tiré les sorties sur le semestre.
Drapeaux européens
Drapeaux européens

Les dernières données semestrielles publiées par le Centre for Management Buyout Research (CMBOR), sponsorisé par Equistone Partners Europe et Investec Bank montrent un ralentissement du capital investissement en Europe au premier semestre. Après une année active en 2015, le premier semestre n’a enregistré que 25,6 milliards d’euros de LBO avec un ralentissement net sur le marché des mega deals. « Les statistiques reflètent une normalisation de l’activité pour le capital investissement » souligne John Clifford d’Investec Bank. « Le marché s’est rafraichi, avec le référendum sur l’Union Européenne, l’un des challenges auxquels doivent faire face les acteurs du marché. Cela a rendu plus difficile la finalisation des gros deals, mais il est encourageant de voir que le bas de la fourchette du mid market a été préservé, démontrant la possibilité pour le capital investissement d’investir à travers les cycles » continue t-il. En effet, le nombre d’opérations de buyout d’entreprises valorisées de 10 à 50 millions d’euros s’établit à 65 au premier semestre presque autant que les 70 du premier semestre 2015 « ce qui suggère que le nombre pourrait être atteint avant la fin du mois ». Globalement, la Grande-Bretagne est restée le marché le plus actif au premier semestre, totalisant 7,7 milliards d’euros pour 88 opérations au S1, devant la France avec 5,8 milliards et 44 opérations. Surprise, l’Italie arrive en troisième place avec 3,7 milliards d’euros à travers 18 opérations, le pays comptant 2 des plus grosses opérations sur le début de l’année. L’Allemagne en revanche a eu un premier semestre assez terne, avec un nombre d’opérations stable par rapport à l’an dernier mais avec un volume 88% moins élevé. Les Pays-Bas ont eu un semestre fort, avec 31 opérations, la valeur a en revanche baissé de 23%, ce qui suggère une baisse de la moyenne des deals.

Les sorties restent importantes avec 191 désinvestissements pour 43 milliards d’euros sur les 6 premiers mois de l’année, 96 étant des LBO secondaires. 73 sont des sorties industrielles. Ainsi plus des 2/3 des opérations en valeur viennent d’autres fonds de private equity ces six premiers mois de l’année, plus encore que la même période de l’an dernier. « Il y a un stock de sociétés détenues par les fonds dans l’économie, ce qui fait des opérations secondaires un moyen de sortie important. Les entreprises et les vendeurs privés ont choisi de ne pas mettre leur business sur le marché au premier semestre de l’année, à cause de l’environnement macroéconomique et d’un résultat incertain sur les prix », souligne l’étude. Quelques unes des plus grosses opérations du semestre ont ainsi été sourcées auprès d’autres fonds de capital investissement, comme le rachat de RAC par CVC pour 2 milliards d’euros en Grande-Bretagne ou encore l’opération de Teapsystem en Italie rachetée par Hellman & Friedman pour 1,2 milliard ou encore l’achat de Sisal par CVC toujours en Italie pour 1 milliard.

D’un point de vue sectoriel, les services ont eu un début d’année prometteur. En annualisant les chiffres, les volumes pourraient être supérieurs d’un tiers par rapport à l’année 2015, les 61 opérations ont compté pour 10,8 milliards d’euros. Les volumes dans l’industrie manufacturière en Europe sont restés stables avec 93 opérations totalisant 4,3 milliards d’euros sur les premiers mois de l’année contre 22,5 milliards en année pleine sur 2015. La santé a en revanche connu une chute des volumes et des valeurs, avec seulement 10 opérations pour seulement 553 millions d’euros, loin des 6 milliards enregistrés l’an dernier pour 47 transactions.

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