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Pimco détaille ses critères d'investissement ESG pour les banques
Si les banques se sont faites taper sur les doigts après la crise financière de 2008 pour leurs pratiques irresponsables, elles tentent depuis lors de reprendre le droit chemin, sous l'effet d'une régulation beaucoup plus stricte mais également de leur propre décision d'intégrer davantage les critères d'investissement responsable. C'est du moins le constat établi par le gérant obligataire américain Pimco, qui a dévoilé la liste des critères qu'il analysait avant d'investir dans une financière. "Nous cherchons à identifier les banques qui ont réalisé des progrès suffisants pour améliorer leur propre culture et leur code de conduite, en plus des critères plus traditionnels de management du risque et de sécurité des produits financiers", explique ainsi C. Del Anderson, vice senior président et analyste crédit. Sans surprise, ces onze critères sont répartis selon trois domaines, celui de l'environnement, qui représente 15% de l'indice final établi par Pimco, les facteurs sociaux (25% de l'indice) et ceux de gouvernance (60% de l'indice global).
Dans la catégorie gouvernance, le gérant californien a donc retenu cinq critères distincts : la culture et le code de conduite de la banque, en prenant notamment en compte le volume et la sévérité des règlements légaux en interne, ainsi que la réputation de la banque sur les marchés et de potentielles récentes controverses. La gestion du risque continue naturellement de faire partie des critères étudiés par Pimco, qui analyse la répartition investissement de court terme et long terme, comment les portefeuilles se sont comportés en fonction des cycles économiques et si les dirigeants ont établi des objectifs atteignables ou non. Sous l'étiquette "comptabilité", Pimco analyse ensuite la transparence des comptes des institutions financières et note que de ce point de vue là, que les banques américaines sont souvent mieux notées que les institutions européennes, du fait d'une régulation beaucoup plus sévère côté US. Pimco étudie enfin la qualité du comité de direction, sa diversité et son degré d'expertise : la non séparation des postes de CEO et Chairman est un exemple qui peut faire baisser la notation finale d'une banque, souligne le gérant obligataire. Le capital humain, c'est-à-dire la qualité des employés et la formation continue qui leur est fournie est le cinquième critère étudié dans la partie "gouvernance".
Pimco étudie ensuite l'aspect "social" des banques : le premier critère est la taille de la structure, même si les banques d'importance systémique ne sont pas forcément notées négativement. "Dans l'environnement post-crise, les banques les plus grosses sont souvent celles qui offrent le plus de protection aux créanciers, en raison d'une réglementation plus stricte et de standards de liquidités élevés", souligne l'analyste crédit de Pimco ; selon lui donc, le fait d'être une banque d'importance systémique peut peser sur la notation finale si ses activités créent des externalités négatives. Le gérant prend ensuite en compte la façon dont la banque intègre les critères ESG dans sa propre stratégie d'investissement. Pour le gérant, la protection des données du client et leur sécurité est un autre facteur important : les banques qui ont connu des fuites dans leur système informatique obtiennent un score moins important, souligne C. Del Anderson.
Dans la catégorie environnement, Pimco précise qu'il ne se contente pas de regarder si les banques investissent dans des industries qui ont un faible impact sur la planète mais vérifie que les banques elles-mêmes sont soucieuses de réduire leurs prêts aux industries polluantes et investissent dans les énergies renouvelables. La prise en compte du changement climatique doit faire partie des critères de discussions des investisseurs au sein des banques, de même que la publication de leur propre emprunte carbone. Enfin, l'émission d'obligations vertes est un autre critère susceptible de relever la note ESG d'une banque.
A l'aune de tous ces critères, les banques américaines sont celles qui obtiennent le score final le plus élevé, notamment sur la partie gouvernance, parce que la "Fed a établi un environnement régulatoire très strict et que sa Comprehensive Capital Analysis and Review (CCAR) permet de stress tester le niveau de management du risque des banques du pays avec précision", estime Pimco. Les banques américaines sont en revanche plus à la traîne dans l'amélioration de leur culture d'entreprise et code de conduite par rapport aux banques européennes et sont moins soucieuses de leur empreinte carbone. L'Europe a de son côté encore du chemin à faire quant à la diversité de ses comités de direction, notamment par rapport à la Grande-Bretagne où ce critère est mieux noté par Pimco.
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