WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Anne Lemercier (Clifford Chance) : avocate à impacts

Associée depuis ses 38 ans au sein du cabinet international, elle est spécialisée dans l'épargne salariale et l'actionnariat salarié. Si le technique l'intéresse, elle croit aussi en l'impact social que doivent avoir les sociétés. Et cela concerne aussi bien ses clients que sa propre maison.
Anne Lemercier
Anne Lemercier

Anne Lemercier a trouvé une spécialité à la frontière des matières qui lui plaisaient. En se spécialisant dans l’épargne salariale et l’actionnariat salarié, celle qui est aujourd’hui avocate-associée chez Clifford Chance a pu combiner droit social, droit des sociétés et fiscalité. Aujourd’hui, elle est à la tête d’une équipe de cinq personnes dédiée à ses sujets mais aussi aux rémunérations de manière plus globale au sein du cabinet anglo-saxon à Paris.

Au départ, Anne Lemercier ne se destinait pas forcément à cette matière. Celle qui a débuté ses études à Limoges avant de rejoindre Assas pour y faire du droit des affaires avait un penchant pour la fiscalité. Embauchée par Freshfield en 2000, elle travaillera sur la partie corporate, comme sur le dossier de l’IPO d’Euronext. Mais en 2001, à la suite des attentats du 11 septembre, tout s’arrête. On lui propose alors de passer un an dans l’équipe de droit social, où les dossiers n’étaient pas au point mort. Revenue dans la partie entreprises, c’est à elle que seront ensuite confiés les dossiers ayant trait à l’épargne salariale.

Peu à peu, Anne Lemercier développe la pratique. En 2007, elle rejoint Clifford Chance, qui avait alors déjà une équipe dédiée et des sociétés du CAC 40 comme clientes sur ses sujets. Si la participation a été instituée sous Charles De Gaulle, la pratique était moins répandue qu’aujourd’hui. "C’est un domaine complexe. Il faut combiner les contraintes fiscales, de droit boursier, de droit des sociétés mais également de droit social, notamment dans les négociations avec les partenaires sociaux. A cet égard, les petites entreprises peuvent être lésées par rapport aux grands groupes qui se feront plus facilement assister par des avocats spécialisés qui maîtrisent l'ensemble de ces problématiques", explique Anne Lemercier.

Au-delà de l’aspect technique transversal, si notre avocate a choisi cette spécialité, c’est aussi parce qu’elles se retrouve dans les valeurs qu’elle véhicule. "L'actionnariat salarié présente de nombreuses vertus : celui d'expliquer aux salariés quels sont les enjeux de l'entreprise et ainsi de donner du sens à leur contribution. C'est aussi un moyen de faire de la pédagogie financière. Pour l'entreprise, il peut aussi être un vecteur d'unité au sein d'un groupe en renforçant le sentiment d'appartenance et dans certains cas, une arme anti-OPA. Quant à l'épargne salariale, c'est souvent l'unique moyen pour les plus bas salaires de se constituer une épargne. C'est pourquoi il est indispensable qu'elle soit proposée dans toutes les entreprises", ajoute Anne Lemercier.

Avec sa maison, elle planche sur les moyens de doper l’actionnariat salarié. En ce moment, c’est la loi Pacte qui promet de belles nouveautés, notamment pour les petites entreprises. L’avocate porte aussi ses convictions à l’extérieur du cabinet, que ce soit en participant à des événements ou en étant membre de la commission Épargnants de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF).

Anne Lemercier a également une autre casquette. Celle qui est devenue associée à 38 ans en 2014 a pris le sujet de la parité à bras le corps chez Clifford Chance. En 2010, alors que le managing partner du bureau de Paris, Yves Wehrli, affiche une volonté de voir les lignes bouger, Anne Lemercier décide de se pencher sur le sujet. Est ainsi né le réseau féminin français du cabinet. A cette époque, seule une femme était associée à Paris et cette dernière était sur le point de partir à la retraite. Aujourd’hui, 18 % des partners sont de sexe féminin. Anne Lemercier échange beaucoup avec les Eve de sa firme pour faire encore avancer les choses. "Je leur recommande d’avoir de la visibilité en interne et en externe. Ce n’est pas suffisant d'être une excellente professionnelle, il faut aussi le faire savoir. Les très bons avocats sont nombreux et la sélection difficile", explique-t-elle. Il y a également la capacité de leadership qui compte : "Il faut savoir sortir le nez de ses dossiers et être curieux pour prendre de la hauteur et les sujets de demain". Anne Lemercier réfléchit ainsi avec ses pairs sur le droit social des années à venir avec les bouleversements que connaît le monde du travail. Les retraites sont aussi un sujet. L’avocate - qui estime que le monde du travail doit prendre ses responsabilités sociales - est loin de se reposer sur ses acquis, on l’aura compris.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article