Brexit : Jamie Dimon craint une scission "dévastratrice" de l’UE
En un an, la donne économique aura bien évolué. Le Royaume-Uni a opté pour une sortie de l’Union européenne et les Américains ont élu Donald Trump Président. Ces nouvelles cartes ont été évidemment intégrées dans la lettre annuelle de Jamie Dimon à ses actionnaires, publiée hier. Très attendu par les milieux financiers, ce document signé de la main du PDG de la plus grande banque américaine en termes d’actifs, dresse le tableau des défis auxquels est confronté un établissement comme JP Morgan. Plusieurs sujets sont ainsi évoqués, comme le Brexit, la régulation, l’innovation, les impôts, l’économie américaine, la diversité etc.
« Nous espérons que l’arrivée du Brexit va conduire l’Union européenne à se concentrer sur la résolution de ses problèmes -immigration, bureaucratie, la perte en cours de droits souverains et l’inflexibilité du droit du travail », note le banquier emblématique. Et d’ajouter : « Notre crainte est, toutefois, de voir (le Brexit) déboucher sur une instabilité politique qui contraindrait l’Union européenne à se scinder ». Jamie Dimon dit s'inquiéter des conséquences économiques et politiques « dévastatrices » d’un détricotage de l’UE. L’homme fort de l’établissement financier confirme que JP Morgan va délocaliser des activités et des salariés vers le continent.
Par ailleurs, le dirigeant continue à garder le sujet de la régulation en tête. Pour lui, les banques dites « too big to fail » (trop grosses pour faire faillite), et qui nécessiteraient d’être renflouées par l’Etat en cas de tempête, est un problème réglé. Les « contribuables ne paieront pas si une banque fait faillite », affirme-t-il. Jamie Dimon estime en outre que les groupes financiers ont « trop de capital » mis de côté et qu’une partie de celui-ci pourrait être utilisé « pour financer l’économie sans pour autant sacrifier la sécurité ». Ces déclarations adviennent alors que Daniel Tarullo, l’homme en charge de la régulation à la FED, rend son tablier ce mois-ci. Son départ a été précipité par l’élection de Donald Trump, lequel envisage de revenir sur le Dodd-Frank act, la réforme de Wall Street de 2010. Le nom du successeur du régulateur est encore attendu et permettra de se faire une idée plus précise sur ce que le locataire de la Maison Blanche entend faire.
Si sur la régulation Jamie Dimon va dans le sens de Donald Trump, il n’est toutefois pas convaincu par la politique du Président vis-à-vis d’autres pays, comme le Mexique ou la Chine. « Le libre-échange a été absolument crucial pour la croissance à travers le globe et a bénéficié à des milliards de personnes», poursuit celui qui fait néanmoins partie des patrons censés conseiller le Républicain. Jamie Dimon évoque également l’économie américaine. « Il est clair que quelque chose ne va pas -et nous freine », écrit-il.
Parmi les autres sujets mis sur la table par le PDG : celui de la diversité. Le patron rappelle que 48% des collaborateurs américains de sa firme sont d’origines diverses et que JP Morgan est présent dans plus de 60 pays. La moitié des effectifs sont de surcroît de sexe féminin. Enfin, le volet technologie a aussi été abordé. La banque fait état de 9,5 milliards de dollars de dépenses dans ce domaine en 2016 dont 3 milliards ont été consacrés à de nouvelles initiatives. Dans sa missive, Jamie Dimon martèle que son établissement est en mesure de répondre aux challenges de demain.
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