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Goldman Sachs : coulisses de la succession la plus convoitée au monde

Avec le départ d’Harvey Schwartz, le co-président et COO, David Solomon, est en piste pour succéder à Lloyd Blankfein à la tête de la prestigieuse banque américaine. Ce banquier d’investissement, DJ d’électro à ses heures perdues, a réussi à s’imposer à un poste qui faisait pourtant beaucoup d’envieux.
Goldman Sachs - logo
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Le suspense n’aura pas duré trop longtemps : alors que le Wall Street Journal révélait vendredi dernier que Lloyd Blankfein pourrait décider de tirer sa révérence de chez Goldman Sachs d’ici la fin de l’année, tous les regards se sont tournés vers les deux présidents et COO de la banque américaine, Harvey Schwartz et David Solomon. A 53 ans, le premier était un vétéran de la banque, dans laquelle il évolue depuis 20 ans et dont il avait dirigé l’activité phare, le trading, tirant son épingle du jeu pendant la période difficile de la crise financière. Il était donc un successeur naturel pour Goldman Sachs, qui s’est fait connaître pour sa capacité à tirer profit des marchés financiers via des positions agressives de trading. Et pourtant, il a annoncé son départ à la retraite dès lundi laissant la voie libre à son co-COO, David Solomon, qui a développé l’activité de crédit comme directeur de la banque d’investissement de Goldman Sachs.

Que s’est-il passé pendant ce week-end de tous les enjeux ? En réalité, la question de la succession de Lloyd Blankfein, à la tête de la banque depuis 2006, est dans l’esprit de ces deux lieutenants depuis qu’ils ont été nommés à ce poste fin 2016, et la tension n’a fait que monter en puissance lors des derniers mois. Harvey Schwartz, qui avait occupé le rôle de directeur financier et connaît bien toutes les branches de la banque, apparaissait comme le favori dans cette course mais avait, selon ses propres dire, peur d’être un « Gary » - en référence au numéro deux de Goldman Sachs qui est resté 10 ans à ce poste et est finalement parti comme conseiller économique du Président américain l’an passé, un poste qu’il vient de quitter.

En fin d’année dernière, ce combattant de haut col - il est aussi ceinture noire de karaté - aurait posé un ultimatum au leader du board de la banque, Adebayo Ogunlesi, réclamant d’être nommé CEO dans les prochains mois, sans quoi il quitterait sa fonction. Il n’a pas obtenu de garanties, et a réitéré ses demandes en début d’année. Le 21 février dernier, le conseil de la banque s’est réuni et Lloyd Blankfein aurait détaillé les qualités et défauts des deux candidats, avant de se prononcer en faveur de David Solomon, un choix que le board aurait approuvé.

Car de l’autre côté, David Solomon est un profil assez atypique pour prendre le rôle de CEO, et cela à plusieurs titres. D’une part, il n’est pas issu de la division de trading qui a fait la réputation de Goldman Sachs et n’est même entré dans la banque qu’en 1999, en tant que partner. Mais il a réussi à développer la banque d’investissement, à gagner la confiance de ses clients et à s’illustrer dans la gestion des équipes, pour lesquelles il a réclamé des horaires moins drastiques et plus de parité. L’homme sort du lot aussi hors de la sphère professionnelle puisqu’il est aussi connu comme DJ D-Sol et mixe de la musique électronique lors de soirées, un hobby pour le moins peu commun.

Les deux hommes ne viennent pas des mêmes divisions de la banque, et n’ont jamais eu une relation particulièrement proche. L’an passé, alors que Goldman Sachs a publié des résultats très décevants et en particulier une chute vertigineuse de 50% de ses revenus issus du trading fixed income, ils ont présenté ensemble un plan stratégique visant à générer 5 milliards de dollars de revenus annuels supplémentaires via d’autres activités. Il lui reviendra probablement la charge de mettre à exécution ce programme et de restaurer le lustre d’antan de la banque américaine.


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