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AG : les entreprises de plus en plus poussées dans leurs retranchements

Les investisseurs mais aussi les observateurs comme l’Institut du Capitalisme Responsable permettent aux entreprises de travailler à plus de transparence dans leur communication sur différents sujets. Mais chaque saison d’AG offre son lot de nouveautés et de surprises.
AG - assemblée générale - actionnaires
AG - assemblée générale - actionnaires

La saison des assemblées générales s’ouvre jeudi avec celle de LVMH. Une saison qui s’annonce charnière à plusieurs titres, l’environnement réglementaire mais aussi politique et économique ayant des impacts importants sur les attentes des actionnaires. Les grands institutionnels devraient ainsi se pencher particulièrement sur les politiques RSE des entreprises mais aussi sur les questions plus terre à terre de politique salariale des patrons. Le Grand prix de l’AG, think & do tank de l’Institut du Capitalisme Responsable, valorise les meilleures pratiques des entreprises depuis 2005. Dans ce contexte, il a mis en exergue cinq sujets sur lesquels les sociétés seront attendues cette année lors de leurs réunions d’actionnaires. L’objectif est bien de faire toute la transparence sur ces différents volets considérés comme essentiels dans la stratégie des groupes.

Ainsi, le jury sera particulièrement attentif à la manière dont les entreprises communiquent sur les risques et la façon dont cela pourrait impacter la stratégie à long terme. Peu habituées à aborder ces questions, les firmes devront communiquer sur la façon dont les risques sont pris en compte, les moyens mis en œuvre pour les anticiper et surtout les dispositifs en place pour informer le management intermédiaire. Dans un contexte de lutte contre la corruption (loi Sapin 2 et loi sur la vigilance), mais aussi d’une prise en compte croissante des risques climatiques, les pratiques en la matière seront particulièrement observées. « L’objectif est d’avoir une idée de la façon dont sont anticipés ces risques à moyen terme, tout en étant beaucoup plus pédagogue que dans le document de référence », explique Nicole Notat, présidente et fondatrice de Vigeo-Eiris et vice-présidente du jury du Grand Prix de l’AG.

Côté gouvernance, le jury du Grand Prix de l’AG met l’accent sur la diversité et les compétences des membres des conseils d’administration. « C’est la première fois que l’on aborde la question sous cet angle mais l’idée est de voir quelles sont les expériences que les membres d’un CA peuvent apporter à l’entreprise », souligne Caroline de La Manierre, directrice générale et fondatrice de l’Institut du Capitalisme Responsable. La tendance semble aller dans le bon sens, mais « l’international et les RH par exemple sont encore peu représentés dans les compétences des boards », continue-t-elle.

Autre gros sujet, très prégnant l'an dernier et qui cette année va être regardé de près par tous les observateurs : les politiques de rémunération des dirigeants. Là encore le contexte réglementaire est très important, entre la Loi Sapin 2 qui donne une valeur contraignante au say on pay en assemblée générale et la directive sur les droits des actionnaires votée par le Conseil européen le 3 avril. Pour l’heure, seule Sapin 2 est en vigueur, la France ayant deux ans pour transposer la directive européenne. Reste que la mise en perspective de la politique de rémunération des dirigeants avec la performance financière et extra financière, ainsi que par rapport à la politique interne de rémunération, sera particulièrement observée par le jury.

Par ailleurs, le jury tout comme les investisseurs seront sensibles à la façon dont les entreprises qualifieront l’impact de la transition énergétique et écologique sur leur activité. « Il existe pour certains secteurs des risques de dépréciation, il faudra donc voir comment les entreprises l’ont pris en compte », commente Nicole Notat. Enfin dernier point de vigilance cette année : la façon dont sera détaillée la présentation des échanges avec les parties prenantes. Cela passe ainsi par un dialogue accru avec les parties prenantes comme les ONG ou associations mais aussi par l’ouverture pendant les AG à de nouveaux intervenants, comme les DRH. « Le jury sera particulièrement sensible aux modalités d’échanges et aux conclusions qui en découlent », note Caroline de La Manierre.

Au final, ces cinq critères poussent les entreprises à communiquer sur différents domaines, qui ne font pas toujours partie de leurs préoccupations ou de leur approche. « L’assemblée générale est de moins en moins un moment isolé dans l’exercice d’une entreprise. Ces dernières sont désormais poussées à travailler sur cette réunion annuelle bien en amont sur différents sujets sur lesquels les actionnaires seront attentifs », estime Nicole Notat. Ainsi, le 12 juillet prochain, cinq grands prix seront remis à l’issue de cette saison des AG : celui de la gouvernance, de la RSE, du Jury, du SBF 80 et du CAC 40.

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