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L'effet Macron toujours aussi efficace sur les entreprises
Le raz de marée du mouvement d'Emmanuel Macron lors du premier tour des législatives, devrait lui permettre d'obtenir près de 2/3 des sièges à l'issue du second tour, et ainsi de faire passer ses réformes les plus délicates sans obstacle (du moins du point de vue législatif). Le vent d'optimisme apporté par le nouveau Président continue en tout cas de souffler du côté des entreprises, comme en témoigne l'enquête de confiance de la Banque de France de ce matin: l'indice de la BdF a atteint 104,7 en mai, contre 104,6 en avril, soit un plus haut depuis 2011.
Dans le détail, la production industrielle a sensiblement progressé et ce, dans tous les secteurs (manufacturier, transport, électronique, énergie... ), notamment grâce à une hausse des carnets de commandes. Ce qui a permis à l'indice d'atteindre 105, soit le même niveau qu'en avril mais bien au-dessus de sa moyenne de long terme, située à 100. L'activité dans les services est restée stable, à 102, mais les entreprises interrogées s'attendent à une poursuite de l'amélioration de la conjoncture en juin, tout comme celles du bâtiment, où l'indice a progressé, passant de 101 à 102 en mai. "Le secteur du bâtiment a particulièrement bien performé, et contribué au bon chiffre de l'enquête aujourd'hui", souligne ainsi Julien Manceaux, analyste chez ING. Selon lui, la reprise du marché immobilier mais également la faiblesse des taux ont soutenu l'activité dans le bâtiment. La promesse d'Emmanuel Macron de supprimer la taxe d'habitation devrait par ailleurs renforcer la tendance positive, estime encore l'analyste.
Les chiffres réels de la production industrielle pour le mois d'avril, publiés vendredi, ont cependant rappelé le décalage entre le sentiment très positif des entreprises, lié au climat politique porteur et la réalité de la conjoncture. La production a ainsi diminué de 0,5% en avril, avec un recul particulièrement marqué dans le manufacturier, de 1,2%. "La croissance du secteur manufacturier reste poussive, elle n'a ainsi atteint que 0,9% sur les quatre premiers mois de l'année et souligne le besoin urgent de réformes du pays, pour que la tendance positive des enquêtes se traduise dans les chiffres réels", souligne encore l'économiste d'ING.
Une note publiée ce matin par l'agence Standard & Poor's sur la faiblesse du commerce extérieur français, en raison du manque de compétitivité du pays, a d'ailleurs sonné comme un avertissement à l'égard du nouveau gouvernement. Celui-ci devra rapidement mettre en place les réformes pour combler son retard par rapport aux autres pays, et notamment l'Allemagne, estime l'agence. "Contrairement à ses principaux partenaires commerciaux, la France est en déficit commercial depuis 2002, et celui-ci a continué de s'accroître sur les quatre premiers mois de l'année pour atteindre 25 milliards d'euros", explique ainsi Sophie Tahiri, économiste chez S&P. Selon elle, la France a vu ses parts de marché diminuer plus fortement que dans les autres pays, en raison d'une "compétitivité insuffisante de sa production". L'agence estime que les entreprises devront restaurer leurs marges avant de pouvoir accroître leurs capacités d'investissement, afin d'innover et d'améliorer la qualité de leurs produits. Ce que devrait notamment permettre la baisse d'impôts pour les entreprises, de 15 milliards sur cinq ans, promise par le nouveau président, de même que la baisse d'IS ramené à 25%. Enfin, la délicate réforme du droit du travail sera l'un des autres aspects du programme d'Emmanuel Macron censé restaurer la compétitivité des entreprises.
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