Les nouveaux membres de la Fed vont-ils changer la donne?
Le candidat Trump, qui n’avait pas eu de mots assez durs envers Janet Yellen, la présidente de la Fed, a semble-t-il fait machine arrière depuis, mais saura-t-il s’astreindre au silence une fois en poste ? D’autant que la banque centrale américaine s’apprête à promouvoir quatre membres comme votants, même si cela ne changera pas fondamentalement la donne. Quatre membres des Fed régionales accèdent à ce statut : il s’agit de Patrick Harker de la Fed de Philadelphie, Neel Kashkari de Minneapolis, Robert Kaplan de Dallas et Charles Evans de Chicago. Ce dernier est un vétéran de la maison puisqu’il y est président depuis 2007. Il a toujours soutenu une politique accommodante sur les taux et est économiste, contrairement aux trois autres.
Patrick Harker a un profil académique : il est l’ancien président de l’université du Delaware et aussi l’ex-doyen de la prestigieuse Wharton School de l’université de Pennsylvanie. Neel Kashkari a de son côté œuvré comme assistant du secrétaire au Trésor pour la stabilité financière et a ainsi supervisé le TARP (Trouble Asset Relief Program) visant à sauver les grandes banques américaines de la faillite, entre 2008 et 2009. Il est ensuite entré chez Pimco dans l’activité actions, dont il a démissionné pour se présenter comme gouverneur de Californie en 2014. Ayant perdu face au gouverneur en place, Jerry Brown, il est entré l’année suivante à la Fed de Minneapolis. Il a depuis mené des recherches intensives sur la façon d’éviter une nouvelle crise des banques systémiques et prône des surcharges de capital si importantes qu’elles obligeraient les banques à séparer leurs activités d’investissement et de détail.
Enfin, Robert S Kaplan a passé 23 ans chez Goldman Sachs, où il a été responsable de l’activité investment banking et investment management en tant que vice-chairman à partir de 2002. Huit ans plus tard, il fonde Indaba Capital Management, qui gère aujourd’hui 1 milliard de dollars. Très actif dans le venture philanthropique et à la Harvard Business Review, il a été nommé président de la Fed en 2015.
Ces quatre membres remplacent James Bullard de la Fed de Saint-Louis, Esther George de Kansas City, Loretta Mester de Cleveland et Eric Rosengren de Boston, qui sont tous économistes à l’exception d’Esther George. Mais la banque centrale américaine ne brille pas par sa diversité : sur les 17 membres, 16 sont blancs, 13 sont des hommes et 10 sont docteurs en économie. Donald Trump pourrait-il mettre un peu de sang neuf dans l’institution ? Tout dépend du nombre de nominations qu’il aura à faire, en fonction des départs. Janet Yellen a réaffirmé qu’elle souhaitait aller au bout de son mandat, début 2018. Donc le Président pourrait choisir son remplaçant et celui du vice-président Stanley Fischer, à partir de ce moment-là. Mais aussi jusqu’à six, voire sept nominations, si les membres actuels cèdent aux sirènes d’une sphère privée plus rémunératrice ou prennent leur retraite. Le Républicain aurait donc dans ce cas les moyens d’influencer la future politique de la Fed
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