WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Sociétés familiales, quelles relations avec leurs actionnaires ?

C’est la question que s’est posée l’Hebdo des AG, qui a comparé les assemblées générales de ces sociétés au sein du SBF 120 avec celles des autres entreprises de l’indice. Les sujets financiers sont plus prégnants dans les premières.
Hebdo des AG
Hebdo des AG

Les sociétés familiales ont-elles des relations différentes avec leurs actionnaires ? C’est la question que s’est posée l’Hebdo des AG, qui a publié hier une étude sur le sujet, en partant du constat que la Bourse les encense régulièrement. En effet, de 2006 à 2016, les 920 premières entreprises familiales dans le monde ont affiché une surperformance de 47% par rapport à l’index MSCI, selon l’étude « The Family Business Model » du Crédit Suisse Research Institute cité par l'Hebdo des AG. Or, l'enquête de ce lundi montre que les actionnaires de ces groupes -à l'histoire un peu particulière- se concentrent plus sur les questions financières que sur le volet gouvernance, qui agite pourtant les grands corporates. "Les sociétés familiales, finalement, sont là où nous ne les attendions pas. Leur succès en Bourse tient dans leur transparence financière et dans le temps qu’elles consacrent à parler chiffres avec leurs actionnaires", écrit ainsi Bénédicte Hautefort, éditrice de l'Hebdo des AG.

Le document s’attache d’abord à définir ce qui est compris dans le spectre des sociétés familiales. On y retrouve ainsi les groupes où la famille fondatrice est parmi les actionnaires principaux (7 entreprises dans l'indice). Ceux où une autre famille est le premier actionnaire (5 sociétés). Troisième cas, le plus récurent : celui où le noyau fondateur est toujours le premier actionnaire (32 groupes). Ce qui correspond en tout à un tiers des sociétés du SBF 120.

Parmi les points sur lesquels les sociétés familiales se démarquent, l’Hebdo des AG note que les résolutions y sont votées en assemblées générales à de plus faibles majorités, mais que celles-ci sont rarement rejetées. Ainsi, aucun camouflet dans les sociétés du CAC 40 familiales n'a été à déplorer et seulement 0,82% de résolutions ont été retoquées dans les sociétés familiales du SBF 120. Ce qui peut s’expliquer par la structure du capital. En outre, la contestation est plus forte dans les sociétés où la famille fondatrice n’est plus le premier actionnaire, tout en étant au capital (35% de résolutions sont votées à moins de 80% versus 7% pour la moyenne du CAC 40, 10% versus 5% pour le Next 80). Il s’agit essentiellement de mesures anti-OPA. Le phénomène est en revanche inverse lorsque la famille fondatrice est toujours le premier détenteur de capital, précise l’Hebdo des AG. A noter d’ailleurs que « le quorum des sociétés familiales est légèrement plus élevé que pour l’ensemble des sociétés du SBF 120, preuve qu’à la fois les actionnaires de référence familiaux et les actionnaires du flottant participent activement à la démocratie actionnariale », souligne l’étude.

Autre constat de l’étude : sur les questions de rémunérations, les sociétés familiales se comportent comme les autres. Les parachutes sont ainsi votés à 83,84% contre 82,94% pour l'ensemble du SBF 120 et les stock-options de 86,55% (vs 85,14%). En revanche, les comportements diffèrent sur les retraites, avec des scores respectivement de 83,21% et 90,02%. A noter que sur les sept sociétés du SBF 120 qui ont eu de mauvais scores aux résolutions concernant les retraites, cinq sont des sociétés familiales. Statistiquement, ce sont des cas isolés. Sur d’autres sujets de gouvernance, les sociétés familiales sont un peu en retard : un tiers d'entre elles est, à la suite des AG 2017, en-deçà du minimum requis de 40% de femmes administratrices. Enfin, sur le volet RSE, les entreprises familiales suivent la tendance générale de réduction du temps accordé annuellement au sujet, avec 3,21 minutes consacrées à la RSE en 2017 (5,39 minutes en 2016), contre 3,16 minutes au sein du SBF 120 (vs 5,42 min). 

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article