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Jonathan Gray, un « pur produit » pour prendre la suite chez Blackstone

Le patron de l’activité immobilier a été nommé président et COO de Blackstone. Entré dans le fonds de private equity en 1992, il a développé son plus important métier et fait figure de successeur naturel de Steve Schwarzman, à l’heure où le private equity fait monter la prochaine génération.
Jonathan Gray
Jonathan Gray

Apollo, KKR… Les nominations se succèdent depuis plusieurs mois dans le private equity, et Blackstone a choisi lui aussi d’officialiser la promotion de celui qui devrait prendre la suite de Steve Schwarzman à la tête du groupe. Jonathan Gray, 48 ans et patron de l’activité immobilier du fonds de private equity, vient ainsi d’être nommé président et COO de Blackstone, en remplacement de Tony James. A 67 ans, ce dernier devient executive chairman du groupe, tandis que le CEO Steve Schwarzman, âgé de 71 ans, pourrait bientôt officialiser sa succession. Ce dernier, dont la fortune est estimée à 13 milliards de dollars, vient d’annoncer le plus gros don de tous les temps à une école publique de la banlieue de Philadelphie où il a étudié, à 25 millions de dollars.

Jonathan Gray est un « pur produit » Blackstone : diplômé de Wharton, il est entré dans la firme en 1992 et a développé l’activité naissante d’immobilier au sein du géant du private equity, dont il devenu co-responsable en 2005 puis patron mondial en 2011. L’immobilier est progressivement devenu la plus grosse division de Blackstone mais aussi le plus important fonds immobilier au monde, qui gère aujourd’hui 115 milliards de dollars. L’investisseur s’est en particulier illustré avec le rachat d’Hilton, un dossier délicat mais qui s’est révélé être le deal plus profitable de l’histoire du private equity. Blackstone a racheté la chaîne d’hôtels pour 26 milliards de dollars – dont 20 milliards de dette - à l’automne 2007. La crise éclate juste après, et les revenus chutent de 20% et les cash flows de 30%, si bien que le poids de la dette devient écrasant. Mais grâce à la chute rapide des taux d’intérêt sous l’intervention de la Fed, le groupe peut se refinancer et, en 2013, le fonds organise l’IPO d’Hilton où il enregistre une plus-value potentielle de 12 milliards de dollars.

Réputé pour sa discrétion et son calme légendaire, Jonathan Gray a gagné ses lettres de noblesse avec cette opération-phare, qui dénote avec les autres grands LBO tombés en faillite, comme les casinos Caesars (une participation de TPG Capital) ou l’électricien TXU, devenu Energy Future Holding (KKR, TPG et Goldman Sachs). Parmi ses autres faits d’armes, l’homme a aussi créé via des acquisitions successives le plus important propriétaire de maisons individuelles aux Etats-Unis, Invitation Homes, qu’il a introduit en Bourse à plus de 6 milliards de dollars. Au plan personnel, il est connu pour ses nombreuses initiatives philanthropiques et un style « low-profile », qui contraste avec celui de son patron, Steve Schwarzman, connu pour les grandes soirées qu’il organise et sa proximité avec Donald Trump, dont il dirigeait le comité politique et stratégique de patrons, avant sa dissolution.

Après KKR, qui a annoncé la nomination de deux hommes comme co-président et co-COO de la firme afin de prendre la suite d’Henry Kravis et George Roberts à l’été dernier, Apollo est aussi sorti de l’ombre en novembre, et a nommé deux présidents, même si Leon Black semble plus réticent à prendre du champ. Fait notable : aucune succession dans ces grands mastodontes du private equity n’inclut de femme, dans un métier du non coté qui pâtit cruellement de l’absence de parité.


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