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BlackRock fait entendre sa voix sur la rémunération des dirigeants

Le gestionnaire d’actifs américain a écrit aux entreprises du FTSE 350 pour détailler sa politique en matière de gratification. Il demande plus d’équité, de vision long terme et moins d’excès dans les rémunérations et les retraites.
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BlackRock est adepte des lettres pour faire entendre ses différents messages. Le gestionnaire d’actifs américain demande régulièrement aux patrons de ne pas se laisser aller à des stratégies court-terme. Par le passé, il a notamment pu s’adresser aux hommes forts des sociétés pour leur demander de ne pas abuser des dividendes et des rachats d’actions. Cette fois-ci, la société d’investissement a envoyé une missive à l’ensemble des directions du FTSE 350 en amont de la saison des assemblées générales. Elle enjoint les groupes britanniques à mieux contrôler la rémunération et les retraites de leurs dirigeants, rapportent plusieurs médias anglo-saxons qui ont eu accès à ladite correspondance. La voix de ce grand investisseur est d’autant plus importante que BlackRock est un mastodonte respecté.

« Les rémunérations des dirigeants devraient être étroitement liées à la performance, nous entendons par là des rendements solides et durables sur le long terme, en opposition à des hausses du prix des actions sur le court terme», a expliqué Amra Balic, managing director basée à Londres. Le ton est ainsi donné avant l’ouverture de la saison 2017 des assemblées générales. L’an dernier, peu de cas de contestation des actionnaires ont été recensés outre-Manche mais ils ont à chaque fois défrayé la chronique. On pense ainsi au rejet de l’augmentation de 20% à 19,6 millions de dollars du directeur général de BP, Bob Dudley, alors que l’entreprise était dans la tourmente.

BlackRock demande également de l’équité. « En cas d’augmentation significative des rémunérations sur un an qui serait disproportionnée par rapport au reste des effectifs, BlackRock attend de l’entreprise qu’elle fournisse une solide justification. Les fortes augmentations ne devraient pas être principalement justifiées par le benchmarking ». Le fonds d’investissement précise que les hausses devraient être en ligne avec celles des collaborateurs ainsi qu’avec l’inflation. Le gestionnaire estime par ailleurs que la comparaison avec d’autres secteurs n’est pas suffisante. « Le benchmarking devrait seulement être utilisé comme cadre de référence pour savoir ce que paie la concurrence, plutôt que comme un point de départ pour les négociations », ajoute Amra Balic, qui a été auditionnée par le Parlement britannique en décembre sur la question des rémunérations.

La firme d’investissement jugera également de la qualité du conseil d’administration au travers de ce sujet. « Nous estimons un mauvais alignement des rémunérations avec la performance comme l’indicateur d’une surveillance insuffisante du conseil, ce qui remet en question la qualité du conseil », poursuit BlackRock. Les entreprises devraient également être plus précises lorsqu’elles font appel à des consultants, que ce soit en donnant leurs noms ou en dévoilant leurs honoraires, fait aussi valoir la lettre.

Cette missive a été envoyée alors qu’environ la moitié des entreprises du FTSE 350 soumettra à un vote contraignant les rémunérations de leurs patrons. Visiblement, BlackRock souhaite que scrutin obligatoire ou non, les principes de bonne gouvernance soient respectés. Cet écrit s’inscrit également dans une réflexion plus large sur les rémunérations des dirigeants. Il y a quelques semaines une étude de l’université de Lancaster révélait qu’entre 2003 et 2014, les gratifications des patrons du FTSE 350 avaient augmenté de 82%, contre un retour sur capital investi de moins de 1%. De son côté, le gouvernement travaille à éviter un prochain scandale. Le gouvernement de Theresa May a publié en novembre un livre vert sur la gouvernance des entreprises, qui pose les bases de nouvelles réformes à ce sujet et ouvert à la consultation jusqu’en février 2017.

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